Malversations et compagnie
2007-11-20 - Le TempsLu 759 fois
Tunis- Le Temps: Cela faisait dix ans que les deux jeunes frères travaillaient dans un magasin commercial destiné à la vente de bouteilles de gaz liquide.
Le propriétaire du fonds de commerce, qui leur faisait entière confiance, s'aperçut toutefois que les derniers bilans indiquaient une certaine régression qui, s'accentuant d'année en année, devenait alarmante.
Craignant de mettre la clé sous le paillasson, il fit appel à un expert-comptable qui constata un déficit de 262 mille dinars.
Devant cette situation, le patron s'enquit auprès des deux frères qui étaient pratiquement les seuls à s'occuper des mouvements commerciaux dans ce magasin.
Vainement, car ils firent mine de tomber des nues et de n'être au courant de rien.
Il ne trouva d'autre moyen pour défendre ses droits que de porter plainte contre eux pour détournement.
Une enquête, menée par la brigade criminelle, révéla que les deux frères avaient ouvert un autre magasin pour leur propre compte.
Inculpés de détournement de fonds et enrichissement sans cause, ils écopèrent d'une peine de prison en première instance.
Interjetant appel, ils comparurent dernièrement devant la cour, niant avoir procédé à un quelconque détournement.
L'avocat de la défense plaida l'absence de preuves, ajoutant que le fait pour ses clients d'avoir un autre magasin pour leur propre compte, ne prouve en rien les faits incriminés, d'autant plus que les fonds du nouveau magasin sont des fonds provenant d'une source tout à fait étrangère au magasin où ils travaillaient.
Rien ne prouve, ajouta-t-il, que des fonds ont été détournés.
Il demanda de ce fait l'acquittement de ses clients, l'accusation à leurs égards étant totalement dénuée de preuves.
La cour suivra-t-elle la thèse de la défense ?