À défaut de poste d'enseignant, une enseigne " Publinet "

2007-12-10 - Le Temps
Lu 719 fois

Rien n'échappe plus aux escrocs, tant tous les domaines leur sont devenus accessibles.
Ils affirment même qu'ils sont capables d'échafauder les plans les plus ingénieux pour faire profiter leur clientèle de leur savoir-faire incomparable, prétendant tout obtenir en s'appuyant sur leur réseau de connaissances sans fin.
L'obtention des visas Schengen pour ceux qui rêvent d'aventures dans l'espace européen est, pour eux, un simple jeu d'enfants.
Bien entendu en payant le prix fort, car les largesses conditionnent le plus souvent la rapidité des services rendus.
Bref, l'escroquerie à l'émigration clandestine demeure toujours leur dada préféré dans lequel ils excellent, en tirant des profits considérables.
Mais de là à imaginer qu'ils sont aussi efficaces dans différentes activités comme trouver un emploi, par les temps qui courent, à n'importe quel demandeur, est une gageure difficile à réaliser.
Pourtant, un jeune informaticien, fraîchement émoulu de l'université, vient récemment d'en faire les frais.
D'une manière abrupte puisqu'il consentit à remettre à son prétendu bienfaiteur la coquette somme de six mille dinars, en contrepartie de l'obtention, dans les meilleurs délais possibles, d'un poste d'enseignant dans un établissement public.
Il faut noter, à ce propos, que le diplôme du CAPES est indispensable à tout prétendant à l'enseignement.
Malheureusement, le demandeur d'emploi ne l'avait pas.
Toutefois, ce dernier eut la présence d'esprit de solliciter de son serviteur de lui signer une reconnaissance de dette, au cas où les choses tourneraient mal.
Bien lui en prit car l'inculpé n'honora pas sa promesse de lui trouver le job tellement rêvé.
Il alla jusqu'à prétendre que le pactole reçu pour les besoins de la cause lui a été volé dans un pays maghrébin dans lequel il s'était rendu pour acquérir les équipements nécessaires à l'installation d'un local " Publinet ".
L'informaticien attendit longtemps avant de se rendre compte que le poste promis n'était qu'une chimère.
De guerre lasse, Il se résigna, la mort dans l'âme, à déposer une plainte contre l'accusé qui fut convoqué par la police.
Dans sa déposition, il nia avoir eu une quelconque idée d'escroquer la victime ; la reconnaissance de dette dûment légalisée à la mairie, en est une preuve irréfutable.
Il ajouta également qu'il s'était mis d'accord avec l'intéressé pour monter ce projet de " Publinet " et non de lui procurer un poste d'enseignant.
Cette affirmation a été contredite par l'informaticien qui a tenu à le poursuivre en justice afin de récupérer son bien.
À l'audience, l'inculpé a maintenu ses déclarations antérieures, suivi par la défense qui a souligné qu'il n'y avait pas escroquerie, la reconnaissance de dette faisant foi.
En conséquence, l'avocat a demandé la relaxe de son client.
Après avoir délibéré, la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de La Manouba a retenu la culpabilité de l'accusé et l'a condamné à six mois de prison ferme.
Hamadi TAZARKI



Décembre 2007
LMMJVSD
01 02
03 04 05 06 07 08 09
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31
<< >>