Lune de miel mêlé de nectar et de fiel !
2008-02-04 - Le TempsLu 488 fois
Il avait juré amour et fidélité à celle à laquelle il s'est uni pour le meilleur et pour le pire, et le jour du oui fatidique, à la mairie, il était très heureux, et regardait sa douce moitié avec admiration.
Celle-ci était radieuse.
Dans sa robe de mariée blanche elle était magnifique.
Le voile qu'elle avait sur la tête laissait apparaître des mèches blondes qui faisaient le contraste avec la teinte marron foncé de ses cheveux, ne faisant qu'ajouter à sa beauté.
Grande, la taille élancée, elle était attirante et avait l'allure d'une jeune femme distinguée.
La cérémonie terminée, les mariés s'empressèrent de monter dans la voiture luxueuse qui les attendait devant la municipalité, pour prendre la direction d'une ville balnéaire du sud, où ils devaient passer leur lune de miel, dans un hôtel quatre étoiles, où l'heureux époux avait fait la réservation pour une quinzaine de jours.
Arrivés à l'hôtel, ils montèrent directement dans leur chambre, pour se changer et prendre quelques moments de repos.
Il était sept heures du soir, quand les mariés quittèrent leur chambre pour aller dîner au restaurant de l'hôtel.
Entre-temps, ils décidèrent de prendre quelques rafraîchissements, et prirent place dans le salon près de l'accueil.
La mariée, un peu lasse et émue, avait un regard hagard, qui se promenait dans toutes les directions sans vraiment fixer quelque chose de précis ni quelqu'un de déterminé.
En face d'elle, un homme d'affaires étranger l'avait remarquée.
Il était fasciné par sa beauté.
Le reste des évènements était tributaire, dans cette affaire des déclarations contradictoires de ceux qui ont pris part à des actes qui s'avérèrent ultérieurement, être constitutif de délits.
En effet, le lendemain matin, la mariée qui était la veille calme et radieuse, descendit l'escalier de l'hôtel bouleversée, sautant les marches et appelant au secours.
Elle se dirigea vers l'accueil et était poursuivie par son époux.
" Qu'y -a-t-il ? ",Cria le réceptionniste, interloqué.
" Protégez-moi s'il vous plaît de mon mari "
L'époux blêmit et s'arrêta tout net.
Il était en bras de chemise, et des gouttes de sueurs, qu'il essuyait au fur et à mesure lui couvraient le front et se dégageaient également de sa chemise devenant de plus en plus mouillée par cette suée abondante comme s'il était dans un sauna.
" Mon mari veut m'obliger à aller avec un richissime étranger, le client de la chambre 129.
Il a reçu de l'argent pour ça ; c'est ignoble ; je ne veux plus rester avec lui ! "
Estomaqué, le réceptionniste, ne put qu'alerter la police.
Les agents de la brigade des mœurs, avaient emmené au poste, la femme, son époux, le richissime étranger en question, et le garçon de l'hôtel.
En effet, le mari déclara contrairement à son épouse, que c'était celle-ci qui avait convenu avec l'étranger de passer quelques moments de plaisir.
Il soutint également que c'était le garçon de l'hôtel, qui avait fait l'entremetteur, pour une rétribution, qu'il toucha séance tenante.
Qui croire ? Qui ne pas croire ?
Un chèque de quelques millions, appartenant au richissime étranger se trouvait entre les mains de l'époux.
Celui-ci dira qu'il l'avait intercepté, alors qu'il se trouvait entre les mains de son épouse.
" C'est archi-faux ! " déclarera celle-ci ; " C'était mon mari qui avait tout mis au point à mon insu, comme si j'étais un objet, c'est abjecte ! "
En tous les cas ,il y a une chose de sûr,et de palpable : le chèque de l'étranger, que celui-ci n'aurait pas donné sans aucune raison.
Il déclarera quant à lui, qu'il avait convenu d'une affaire avec le mari.
Mais quelle sorte d'affaire ? Personne ne le saura.
Le mari soutint mordicus que son épouse l'avait bel et bien trompé avec l'étranger, en quittant le soir furtivement la chambre , alors qu'il était dans les bras de Morphée.Ce que nia formellement la jeune femme.
Quant au garçon d'hôtel, il avait quand même parlé de transaction, dont il fut l'intermédiaire et pour laquelle il eut une rétribution.
Ce qui lui coûta d'ailleurs sa place, à l'hôtel.
Il fut en effet, licencié pour faute grave.
Mais laquelle ? Ce n'est pas précisé non plus.
Finalement, on ne put connaître la vérité dans cette affaire qui fut classée sans suite.
Il n'y avait pas de preuve de proxénétisme, le mari s'étant considéré lui-même comme victime d'adultère de la part d'une épouse cupide à ses yeux.
Une drôle de lune de miel, avec un goût bien amer.
Ahmed YOUNES