Pour les beaux yeux de sa dulcinée
2008-03-12 - Le TempsLu 497 fois
Décidément, les individus retors sont toujours prêts à tout.
Ils franchissent toutes les limites, au cas où on les contrarie ou on s'oppose à leurs désirs, le plus souvent incongrus, voire inacceptables, car contraire à la moralité.
Même leurs proches n'échappent pas à leurs sévices et dire qu'en fait, ces personnes n'ont jamais froid aux yeux, ignorant la signification essentielle de la parenté qui impose notamment la soumission et le respect.
C'est ce qui est survenu à ce vieillard qui a refusé d'accepter chez lui une fille de joie ramenée par son propre fils pour continuer la soirée en tête à tête.
Sûrement que le fiston était fortement éméché à ce moment là.
Il l'était en fait ainsi que sa dulcinée qui puait l'alcool.
Pour le père qui a entrebâillé la porte, il n'était pas question que ce couple, complètement ivre, entre à la maison pour poursuivre sa bacchanale.
Il pria son rejeton, un célibataire endurci, de retourner là où il festoyait pour poursuivre sa libation.
Cette injonction abrupte devait déclencher les hostilités puisque l'énergumène cogna violemment son géniteur qui mordit la poussière, avant de saccager les meubles et de repartir avec sa compagne comme si de rien n'était.
Le malheureux père se rendit alors au poste de police de Ben Arous pour raconter aux agents la mésaventure qu'il vient de vivre et la bastonnade qu'il vient de subir des mains de son propre fils.
Tout cela, a-t-il dit, parce qu'il a fermé la porte au nez de cette dévergondée qui s'apprêtait à terminer la soirée chez lui.
Arrêté, le fils indigne reconnut qu'ayant bu le calice jusqu'à la lie, il ne se souvient pas avoir violenté son ascendant lors de l'altercation qui les opposa au sujet de sa compagne.
Néanmoins, il a été écroué, sur instruction du parquet.
A l'audience de la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Ben Arous, l'accusé obtint le pardon de son père qui présenta un écrit par lequel il retirait sa plainte.
Encouragé par cette clémence paternelle, l'avocat de la défense sollicita les circonstances atténuantes pour son client.
La cour s'est retirée pour délibérer.
Hamadi TAZARKI