Elle se blesse volontairement...
2008-03-24 - Le TempsLu 1150 fois
Le parquet de L'Ariana vient d'être dernièrement saisi d'une affaire insolite dans laquelle est impliquée une vieille femme qui s'est blessée volontairement avant d'accuser injustement son mari de cet acte qu'il n'a jamais commis.
Et ce qui est encore plus paradoxal dans cette histoire, c'est le culot de cette septuagénaire qui a réussi à convaincre ses deux enfants de témoigner contre leur propre père devant les auxiliaires de la justice.
Les chamailleries au sein des couples s'inscrivent dans le cadre naturel de la vie courante.
Tantôt, c'est la joie, tantôt c'est la tristesse et l'on s'accommode de cette alternance qui rythme notre vie commune, mais lorsque les querelles perdurent et empoisonnent les meilleurs moments vécus par la maisonnée, cela risque de devenir infernal.
Avec le temps, cette femme est devenue insupportable, cherchant noise à son conjoint pour la moindre broutille.
Au lieu de s'assagir au fil des années qui s'écoulaient, elle est devenue grincheuse et particulièrement agressive.
Un jour, s'étant réveillée d'humeur chagrine, elle harcela son époux de demandes saugrenues qu'il était incapable d'honorer.
Pour ne pas envenimer davantage l'ambiance déjà pesante, il claqua la porte pour changer d'air.
Coup de théâtre : hurlant de dépit, sa vieille conjointe s'en prit à elle-même avec une paire de ciseaux pour se taillader l'avant-bras gauche et le front avant de rejoindre le premier médecin pour se procurer un certificat médical qu'elle présenta aux agents du poste de police du quartier.
Là, elle déclara avoir subi les pires violences d'un époux courroucé à l'extrême qui lui a infligé des blessures indélébiles, en présence de ses enfants qui ont par la suite corroboré ses dires, aux dépens de leur propre père.
Ce dernier, convoqué au poste pour répondre de son geste malheureux, exprima sa surprise, niant totalement cette accusation inimaginable.
Lors de la confrontation du couple, la plaignante fondit en larmes, innocentant son mari qui n'en revient pas encore de sa mésaventure.
« C'est par dépit que j'ai accusé mon conjoint car, folle de rage, je me suis blessée volontairement pour lui porter le chapeau.
», devait-elle ajouter, en substance, aux enquêteurs.
Une affaire rocambolesque et incroyable que jugera incessamment le tribunal de première instance de L'Ariana.
Hamadi TAZARKI