2008-08-10 - Le Temps
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Le tribunal de première instance de Tunis vient de délibérer sur une affaire d'escroquerie dont les victimes sont six jeunes diplômés du supérieur qui ont été roulés par un ex-émigré en Emirats Arabes Unis.
Ce dernier est un homme âgé de 44 ans.
Il était rentré depuis deux ans en Tunisie et il n'était pas parvenu à retrouver du travail en tant qu'employé chez un transitaire.
Dans son entourage, il a fait courir le bruit qu'il allait monter un projet en Tunisie en association avec l'un des groupes financiers du Golfe et il se prévalait de connaissances dans les sphères influentes à Abou Dhabi.
Mais, ce projet ne voyait pas le jour et le bonhomme justifiait ce retard par les procédures administratives.
L'implantation ces derniers temps de grands Holdings internationaux en Tunisie tels que Sama Dubaï, Beit Ettamouil El Khaliji, le Groupe Abu Khatir, etc, a poussé quelques jeunes diplômés à venir lui demander des contacts auprès de ces entreprises du Golfe.
L'ex-émigré a demandé une dizaine de jours pour établir les contacts.
Cette proposition lui a donné des idées.
Il pouvait tirer profit de ces interventions.
Donc, le bonhomme a, certes, établi des contacts avec quelques connaissances dans ces entreprises et a demandé des renseignements sur les profils qui seraient recrutés.
Mais, il n'était jamais entré en contact avec des décideurs qui pourraient intervenir dans les recrutements.
Il n'empêche que l'ex-émigré ait affirmé à ces jeunes diplômés qu'ils pouvaient compter sur lui pour des embauches moyennant quatre mille dinars pour chaque dossier.
Le bonhomme a exigé d'être payé en avance et les six jeunes lui ont remis, chacun, la somme convenue ainsi que des dossiers comportant leurs diplômes et leurs CV.
Le bonhomme a envoyé ces dossiers aux entreprises concernées en comptant sur le hasard pour qu'ils soient acceptés.
Au bout de deux mois, les six jeunes hommes ont reçu des correspondances indiquant des fins de non-recevoir de leurs demandes pour inadaptation de leurs CV avec les profils demandés.
Le pot aux roses fut découvert et les jeunes hommes ont accouru chez l'ex-émigré qui a promis d'intervenir.
Mais, les jeunes hommes n'avaient plus confiance en leur voisin et ils ont commencé à fouiner à propos du présumé projet de leur bienfaiteur.
Ils ont obtenu des informations alarmantes.
L'ex-émigré a été expulsé d'Abou Dhabi après avoir purgé une peine de prison pour malversation.
Donc, les jeunes hommes ont compris qu'ils avaient affaire à un escroc et ils se sont adressés à la police pour porter plainte.
L'ex-émigré a été interpellé.
Il a avoué avoir reçu l'argent car il a été payé par des chèques.
Il a été arrêté pour escroquerie.
Devant le tribunal, son avocat a demandé la mise en liberté provisoire de son client pour lui faciliter de trouver des arrangements avec les six jeunes diplômés.
Il a demandé également de reporter l'affaire à une date ultérieure pour préparer des éléments pour sa défense.
Le tribunal a refusé de libérer l'ex-émigré et a décidé le report de l'affaire.
Mahdi SELLAMI