Nul n'échappe à son sort
2008-08-15 - Le TempsLu 1302 fois
Les faits objets de l'affaire examinée par la Cour de première instance de Tunis, remontent à l'année 1998 lorsque l'accusé était employé dans une société de transit international et collaborait avec des hommes d'affaires de tout bord.
En ce moment là, ce jeune homme était âgé de 28 ans et assurait la fonction d'intermédiaire avec les services de la douane.
Ses connaissances linguistiques et son savoir-faire professionnel lui ont permis de se faire introduire auprès de grands calibres du monde des affaires à l'échelle internationale.
Quelques uns lui ont même proposé de travailler pour eux au Golfe, en Europe ou, encore, en Inde.
Au départ, il avait refusé préférant de rester en Tunisie.
Mais, une femme d'affaires européenne était parvenue à l'amadouer en lui garantissant d'être actionnaire dans une société mixte spécialisée dans les services pour les étrangers.
Ladite société était chargée de régulariser les contentieux de ces derniers en Tunisie et ceux des Tunisiens dans des affaires à l'étranger.
Cette situation appelait les demandeurs de services à lui signer des procurations pour le suivi de leurs affaires.
Le petit employé a vite grimpé les échelons et sa société a acquis de la notoriété.
Parmi ces affaires qui lui sont passées par les mains, un vieil étranger l'a chargé de gérer le portefeuille de ses biens en Tunisie.
Le vieux possédait des terres et des appartements du côté de Menzel Bourguiba en commun avec des Tunisiens et ces propriétés rapportaient gros.
Mais, le propriétaire étranger avait un différend avec ses associés tunisiens qui lui ont renié tout droit au partage des bénéfices en affirmant qu'ils géraient ces propriétés depuis plus de quarante ans et qu'ils ont toujours été les uniques maîtres à bord.
Ils ont rejeté toute intention de partage en insistant que, d'une part, la gestion des propriétés était déficitaire.
Et, d'autre part, qu'ils étaient de droit les uniques ayants-droit par le fait de l'exploitation permanente durant plus de trente ans.
Le vieil étranger avait remis des titres de propriété au gérant de la société qui allait lui défendre ses droits en Tunisie.
Entre-temps, le vieil étranger est décédé en 2001 et aucun héritier ne s'est présenté à la société de services pour le suivi du contentieux en Tunisie.
Par contre, ses associés tunisiens ayant eu vent du décès de leur vis-à-vis ont trouvé un arrangement scrupuleux avec le gérant de la société de services.
Lequel gérant leur a remis les titres de propriété en contre-partie d'un appartement à Menzel Bourguiba et d'une importante somme d'argent.
Ils ont contrefait les signatures et falsifié des contrats de vente les instituant comme les uniques propriétaires de tous les biens.
L'affaire a été soulevée de nouveau en 2005 lorsque le fils de l'étranger s'est présenté avec des copies des titres de propriété aux services de la conservation immobilière et a réclamé son dû.
Il a contesté la véracité des contrats présentés et a porté plainte pour faux et usage de faux.
La cour a condamné le gérant de la société de services et ses complices à des peines de prison ferme.
Mais, ledit gérant était à l'étranger.
Une peine par contumace a été prononcée à son encontre.
Il s'était entre-temps installé au Golfe et n'était pas au courant de cette peine.
Ses associés dans cette magouille ont perdu ses contacts.
Ainsi, il fût arrêté à son retour en Tunisie.
Il a fait opposition à cette peine et attend de comparaître bientôt de nouveau devant la justice.
Mahdi SELLAMi