Le casting, le violeur et l'entre metteuse

2008-08-27 - Le Temps
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Le Tribunal de première instance de Tunis vient d'examiner une affaire de viol de trois jeunes filles où sont impliqués un homme et une femme résidant dans un quartier de la banlieue Ouest de Tunis.
Ladite dame était connue dans son quartier comme étant une intermédiaire auprès de plusieurs employeurs et qu'elle pouvait aider les jeunes filles à trouver de l'emploi.
Ainsi était elle la destination de plusieurs d'entre-elles.
L'enquête a montré que la dame choisissait les plus belles filles parmi les candidates et les emmenait pour un présumé casting auprès de son associé.
Ce dernier leur accordait un entretien d'embauche et donnait un deuxième rendez-vous à celles qu'il sélectionnait.
Selon les trois filles qui ont porté plainte, le bonhomme a demandé à chaque fois à la jeune fille de porter un bikini.
Ensuite, il lui offrait un sirop qui lui faisait perdre le contrôle de soi.
Les filles ont affirmé à la police qu'elles étaient conscientes de ce qui leur arrivait mais qu'elles n'avaient pas la force physique de réagir.
En plus, les jeunes filles ont affirmé lors de l'enquête que la dame était complice de l'homme dans ses agissements et qu'elle l'aidait à les mettre sur le lit avant de les violer.
L'une d'elles a affirmé que ladite dame a filmé la scène du viol.
Les victimes ont affirmé qu'une fois le viol accompli, le bonhomme se retirait et que c'était la dame qui se chargeait de les réanimer et de les raccompagner chez elles.
Les jeunes filles ont également expliqué aux enquêteurs qu'elles n'avaient pas réagi sur le champ parce qu'elles avaient peur des conséquences de la propagation d'une pareille information sur leur avenir, d'une part, et qu'elles étaient appâtées par les perspectives d'un éventuel emploi, d'autre part.
Mais, une fois ce rêve était évaporé, elles étaient conscientes de la gravité des actes commis par ce couple de malfrats.
C'était suite à ces trois plaintes que la police a interpellé ce couple illégitime.
L'homme et la femme ont essayé de nier les faits qui leur sont reprochés affirmant qu'ils étaient d'honnêtes citoyens et qu'ils aidaient leurs voisins à trouver de l'emploi.
En réponse aux allégations des jeunes filles, le bonhomme a précisé que c'était à la suite de différends avec la famille de l'une d'elles parce que ladite jeune fille n'a pas obtenu d'emploi par leur biais.
Seulement, lors de la confrontation, l'une des filles se rappelait de certains détails sur la physionomie de ce violeur déguisé en bienfaiteur.
Ces précisions ont renforcé l'accusation et déstabilisé le bonhomme dont les réactions étaient devenues agressives et violentes.
Un nouvel interrogatoire du bonhomme a suivi et il a avoué son forfait en essayant d'expliquer que les filles étaient consentantes et qu'elles étaient même les instigatrices de cette relation intime.
Devant le Tribunal, la défense a insisté sur l'absence d'éléments matériels pour l'accusation de viol et a privilégié la thèse de prostitution clandestine.
Mais, la cour n'a pas suivi et a condamné le violeur à quinze ans de prison et sa complice à cinq.
Les condamnés ont interjeté appel.
Mahdi SELLAMI



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