Un petit « joint » en passant
2008-12-01 - Le TempsLu 727 fois
Les deux individus qui comparurent devant la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, étaient impliqués dans une affaire de consommation et de trafic de stupéfiants.
Le dealer, qui leur fournissait habituellement des stupéfiants classés au tableau "B " avait brillé par son absence et il était considéré comme étant en état de fuite.
Les faits avaient commencé par l'interpellation des deux consommateurs, à Bab-Souika, et ne pouvaient nier s'être adonné à la consommation de cette matière, ayant été trouvés porteurs de quelques plaquettes de " Zatla ".
Conduits au poste de police, ils déclarèrent au cours de leur interrogatoire qu'une certaine personne leur fournissait régulièrement ces stupéfiants moyennant de l'argent.
Le président du tribunal, qui usa de toute sa sagacité pour la découverte de la vérité, avait soulevé au cours des débats un point important : L'un des deux accusés comparus à la barre, avait-il entraîné l'autre à la consommation de cette matière, en lui présentant le dealer ? car auquel cas il serait accusé de faire l'intermédiaire en plus de la consommation.
Le deuxième accusé prit cependant la précaution de lui dire , qu'il connaissait autant que son complice, le fournisseur, et qu'il alla voir celui-ci, de son propre chef, à deux occasions sans qu'il fut entraîné par qui que ce soit.
En tous les cas, ajouta-t-il, il n'était pas un fumeur invétéré.
Pourquoi les deux accusés se sont-ils alors retrouvés devant une chambre criminelle ?
Eh bien parce qu'il y a un fournisseur, qui fait de ce poison un commerce, et cette infraction est qualifiée en tant que crime.
Un avocat fut réquisitionné par le tribunal pour défendre le fournisseur.
Mais il ne put que faire acter sa présence, ne pouvant plaider alors que l'intéressé, en état de fuite, était absent.
Quant aux avocats des deux consommateurs ils affirmèrent que leurs clients n'étaient que des consommateurs qui fumaient de temps et qui n'étaient en aucun cas des dealers ou des intermédiaires.
Ils sollicitèrent la clémence du tribunal et l'affaire a été mise en délibéré.
M.S.