La vengeance d’un cocu
2008-12-18 - Le TempsLu 792 fois
L'amant bienfaiteur a payé de sa vie les aveux faits à l'époux qui brûlait d'impatience pour connaître la vérité.
Une faute d'autant plus grave qu'il a lancé laconiquement à son rival : « Oui, c'est vrai.
J'entretiens effectivement des relations intimes avec ta femme.
»
Cette déclaration spontanée devait signer son arrêt de mort puisque le mari bafoué, exhiba spontanément le couteau qu'il avait sur lui, à cette fin, pour larder le corps de celui qui l'a rendu cocu.
Pourtant, c'était quand même un ami qui ne manquait pas de l'aider à chaque fois qu'il était dans un besoin pressant d'argent.
Les deux hommes ont ainsi tissé des liens d'amitié solides et l'aide matérielle fournie par la victime était fortement appréciée par son meurtrier qui avait à charge une nombreuse famille dont les besoins lui courbaient l'échine.
Néanmoins, des racontars sont parvenus aux oreilles de ce père tranquille qui est devenu subitement renfermé sur lui-même et malheureux à la fois, du fait du comportement on ne peut plus louche de sa femme.
Pour en avoir le cœur net, il a questionné sa conjointe sur le sujet qui lui taraudait l'esprit.
D'emblée, elle lui répondit qu'elle rencontrait parfois leur bienfaiteur chez leur voisine qui n'est autre que sa fiancée et qu'il n'y avait rien entre eux.
Cette réponse ne tranquillisa pourtant pas l'époux qui décida alors de s'abreuver à la source.
Et ce fut le drame puisque les deux copains partirent pour une randonnée en voiture, quelque part dans la campagne.
Là, ils discutèrent à bâtons rompus jusqu'à la confession fatidique du bienfaiteur qui était, selon son assassin, teintée d'ironie, ce qui l'exaspéra au plus haut degré.
C'est alors qu'il s'est véritablement acharné sur lui à tel point qu'il l'acheva pour laver son honneur.
Il ne s'est pas contenté de cela car, entrant dans un état second, il traîna le cadavre dans un dépotoir avant d'y mettre le feu.
Arrêté, le meurtrier reconnut son crime aux enquêteurs.
Toutefois, devant la deuxième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, il fit semblant d'être un déséquilibré mental, ce qui a été démenti par une expertise médicale qui a prouvé que l'accusé assumait la responsabilité entière de ses actes, lors des faits.
La défense a sollicité une nouvelle expertise que la cour a rejetée, avant de condamner le meurtrier à vingt ans de prison ferme.
Mahdi SELLAMI