La perpétuité pour le meurtrier de la directrice d'école
2009-01-07 - Le TempsLu 518 fois
Tunis-Le Temps - Qu'est-ce qui incita ce gardien d'école un 27 février de l'année écoulée, à asperger la directrice d'école d'essence avant d'allumer le feu à l'aide d'un briquet, afin qu'elle périsse des suites de profondes brûlures ? Pourquoi un tel acharnement ?
Ce gardien travaillait à la même école depuis 1982, et n'avait manifesté aucune attitude suspecte ni fait montre d'aucune violence.
Il a vu passer de chefs d'établissement et appliqué leurs directives à la lettre, en accomplissant au mieux sa tâche.
En 1987, la victime venait d'être désignée en tant que directrice de cette école primaire de Sidi Sâad, du gouvernorat de Kairouan.
Ses contacts avec le personnel étaient des plus chaleureux, y compris avec ce gardien qui cependant n'admit pas qu'elle entreprenne des changements, pour mieux prendre en main certaines choses.
Ce qui chamboula par la même les habitudes de ce gardien et mit fin à un certain laisser-aller, dans lequel il se complaisait.
La goutte qui fit déborder le vase fut le jour où elle l'obligea à partager désormais avec un autre ouvrier de l'école, les bûches qu'il ramassait après l'élagage des arbres.
Il crut que cette nouvelle directrice lui en voulait.
Elle lui intima également, l'ordre de transporter un appareil enregistreur d'une pièce à l'autre, et il vit dans son attitude une humiliation envers sa personne.
D'autant que cela se passa en présence de tous les enseignants.
Il remarqua en outre que la directrice souriait avec l'un de ses collègues et crut qu'elle se moquait de lui.
Ce fut à cet instant, et tel qu'il le déclarera par la suite, qu'il prit la décision ferme de se venger d'elle de la façon la plus cruelle et la plus inhumaine.
Transformée en torche vivante la pauvre directrice n'eut pas le temps de réaliser ce qu'il lui arrivait.
Elle se tordait de douleurs et ameuta par ses cris ses collègues qui accoururent pour la secourir.
Transportée à l'hôpital, elle succomba quelques jours plus tard à ses blessures.
Quant au forcené il fut arrêté, après avoir essayé de se suicider par le même moyen.
Placé sous mandat de dépôt, il fut inculpé d'homicide volontaire.
Ses déclarations étaient constantes tout le long des étapes de la procédure.
Il persista à dire qu'il n'avait aucunement l'intention de tuer la victime et qu'il avait agi sous l'emprise de la colère.
Il se sentait constamment humilié précisa-t-il, mais il s'était ressaisi après avoir réalisé la gravité de son acte.
Ce fut la raison pour laquelle, observa-t-il, il tenta de se suicider.
Devant le tribunal, il ne put que réitérer ses déclarations précédentes, mais il ne put être convaincant et son avocat le soutenant plaida la requalification de l'infraction, les faits ne constituants que des coups et blessures graves ayant causé la mort sans aucune intention de la donner.
Par ailleurs il s'avéra que sur le plan psychologique, il jouissait de toutes ses facultés mentales et qu'il était accessible à une peine pénale.
Ce fut la raison pour laquelle il fut déclaré coupable par le tribunal et condamné à la prison à perpétuité.