Qui dit vrai?
2009-01-23 - Le TempsLu 542 fois
Tunis-Le Temps - L'affaire qu'a eu à juger dernièrement la première chambre criminelle près le tribunal de première instance du Kef, est quelque peu insolite étant donné la spécificité des péripéties rapportées par la victime, ainsi que la personnalité de ce jeune berger, inculpé de tentative de viol.
En effet la victime est la fille d'un fermier très connu dans la localité de Séliana, où l'incident eut lieu il y a quelque temps.
Elle déclara dans sa plainte qu'elle fut surprise, alors qu'elle rentrait tranquillement chez elle, par le jeune berger qui sans crier gare lui barra le chemin, et tenta de l'entraîner dans un endroit isolé, dans l'intention d'abuser d'elle.
Elle ajouta que bien qu'il la menaçait avec le couteau qu'il brandissait, elle put tant bien que mal, et après avoir eu des sueurs froides, échapper aux griffes de son agresseur.
Ce que nia le jeune berger en soutenant mordicus qu'il lui avait demandé d'intervenir pour lui auprès de son père afin de l'engager dans sa ferme.
Cependant, les deux frères de la jeune fille, lui avait fait subir un vrai passage à tabac afin qu'il n'ait plus à adresser la parole à leur sœur.
La chambre d'accusation confirma son inculpation de tentative de viol et de port prohibé d'arme blanche.
Le jeune berger persista dans ses dénégations devant le tribunal, malgré sa confrontation à la barre, avec la victime qui réitéra ses premières déclarations en soutenant qu'il avait bel et bien tenté de la violer.
L'avocat de la défense plaida l'absence de preuves tangibles pouvant établir avec certitude l'accusation à l'encontre de son client.
Les déclarations de la prétendue victime , ajouta-t-il, ne sont pas très claires, car d'une part elle prétend que l'accusé l'avait abordée pour lui demander d'intervenir pour lui auprès de son père, alors que d'autre part elle déclare qu'il lui avait demandé de l'embrasser, si tendrement en utilisant un mot poétique en arabe littéraire.
Or ce jeune berger est loin de connaître les mots doux des poètes arabes.
Par ailleurs, l'avocat fit remarquer que le rapport de l'expertise psychiatrique à laquelle l'accusé a été soumis, révéla que celui-ci avait une personnalité fragile et qu'il était sujet à des troubles nerveux.
Quant à l'arme qu'il portait, ce n'était qu'un canif que porte habituellement tout berger.
Il sollicita, pour toutes ces raisons, l'acquittement de son client.
Le tribunal l'entendra-t-il de cette oreille ?