Que faisait la dame dans l'appartement de la victime ?
2009-01-31 - Le TempsLu 486 fois
Tunis-Le Temps - Le maître de céans avait à peine ouvert la porte de son domicile, qu'il fut sidéré d'y trouver une femme qui semblait paumée et avait l'air de chercher quelque chose.
Oui, mais quoi ? et puis qu'y faisait-elle au juste ?
Pour le propriétaire, il n'y a pas l'ombre d'un doute : cette intruse était là pour cambrioler la maison.
Aussi avait-il, sans attendre la moindre explication de la part de la bonne dame, à la conduire au poste de police le plus proche, pour la confier entr de bonnes mains.
Les agents de la brigade criminelle enregistrèrent ses déclarations et la plainte qu'il déposa contre cette dame, pour violation de domicile et tentative de cambriolage.
Entre-temps, l'occupante de l'appartement avoisinant celui de la première victime, s'empressa de venir au même poste de police pour déclarer que son domicile a été, également cambriolé et que ses bijoux ont été volés ainsi qu'une enveloppe appartenant à son mari et contenant un billet de 20 dinars.
Quelles explications avait données la suspecte ?
Elle était de nationalité étrangère et avait du mal à comprendre de ce fait, ce qui se disait autour d'elle.
Un interprète venant à la rescousse put traduire ses propos et les agents de la brigade criminelle purent enregistrer ses déclarations en découvrant qu'il s'agissait de trois couples ainsi qu'une autre femme, venus pour passer des vacances en Tunisie.
Le jour des faits, alors qu'ils étaient à Sfax, l'un d'eux fut pris d'un malaise.
Ils décidèrent de retourner à la capitale, afin d'emmener leur compagnon à l'hôpital.
Arrivé au service des urgences, ils constatèrent qu'il y avait une longue file d'attente et décidèrent de prendre le malade chez un médecin privé.
Ils hélèrent un taxi et demandèrent au chauffeur de les y amener.
Arrivés à destination, ils attendirent dans le taxi, alors que la dame entra dans l'immeuble à la recherche du cabinet médical.
Elle entra par erreur dans l'appartement où elle avait été surprise par le maître des lieux.
Ce furent du moins ce qu'elle déclara.
Cependant ses compagnons furent également arrêtés et inculpés de vol qualifié et complicité.
D'autant plus que le billet de 20 dinars déclaré par la deuxième victime a été trouvé chez la suspecte.
Etait-ce, ce même billet qui a été volé ?
Vraisemblablement oui, étant donné qu'il était légèrement déchiré, conformément à ce qu'aurait déclaré la victime auparavant.
Les sept accusés comparurent devant la deuxième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, et persistèrent dans leurs dénégations en répondant aux questions du magistrat par l'intermédiaire d'un interprète dûment désigné, et qui a prêté serment avant de commencer à traduire les propos des accusés.
L'avocat de la défense affirma qu'il n'y a pas la moindre preuve aux accusations dirigées à l'encontre de ses clients.
Le billet n'est pas une preuve suffisamment tangible.
D'autant plus que rien n'a été saisi chez aucun d'entre eux.
Il sollicita la liberté provisoire pour ses clients ainsi que le renvoi de l'affaire à une date ultérieure, et le tribunal acquiesça à sa demande en décidant avec le renvoi de l'affaire, de libérer les sept accusés.