Un fratricide pour un motif futile
2009-02-23 - Le TempsLu 619 fois
Dans cette affaire, il s'agit d'un fratricide commis par un jeune homme sur la personne de sa sœur.
D'après les faits, le motif est bien futile et l'auteur de cet acte était vraisemblablement sous l'emprise de la colère.
En effet, le jour du drame, le frère était chez ses parents dans l'un des patelins du Sahel lorsque sa grande sœur fit irruption.
De prime abord, selon la version de l'accusé, celle-ci commença à l'insulter, puis elle se dirigea vers la cuisine où elle s'enferma, tout en continuant à lui proférer des injures.
Leur père, présent sur les lieux, essaya de calmer son fils furieux, qui répondait à sa sœur par des insultes.
Brusquement celle-ci ouvrit la porte de la cuisine et le frère en profita pour y pénétrer dans le but de lui donner une bonne correction.
Mais elle parvint à quitter la cuisine et se dirigea vers la sortie.
Très en colère et prenant le geste de sa sœur pour une offense, le frère muni d'un couteau asséna à sa soeur un coup par derrière, qui l'avait malheureusement atteint directement au cœur.
Transportée à l'hôpital, la victime décéda, malgré les efforts de l'équipe médicale pour la sauver.
Arrêté, le frère a reconnu son forfait et il fut inculpé d'homicide volontaire.
Comparant dernièrement devant la Chambre criminelle du tribunal de première instance de Sousse, il déclara qu'il était pris d'une grande colère, surtout que la victime lui avait proféré des injures ainsi qu'à son père qui était présent et qui essayait de la raisonner.
Il soutint qu'en tout état de cause, il n'avait pas l'intention de la tuer.
Son avocat affirma que son client était poussé à commettre cet acte, par le comportement de sa sœur qui était psychologiquement dérangée et ne cessait de semer le trouble dans la famille.
Il requit, par ailleurs, les circonstances atténuantes pour son client dont l'expertise psychologique révéla qu'il avait un comportement un peu déséquilibré, de nature à atténuer le degré de sa responsabilité.
Le tribunal, après en avoir délibéré, le condamna toutefois à 20 ans d'emprisonnement pour homicide volontaire ainsi qu'à un an pour port d'arme prohibé.
Mahdi SELLAMI