Dealer repenti ?

2009-03-26 - Le Temps
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D'origine anglaise, le mot " dealer " désigne celui qui vend des stupéfiants.
Qu'il s'agisse d'un gros trafiquant ou d'un petit revendeur, cela ne fait qu'encourager les consommateurs invétérés et entraîner ceux qui sont nouvellement initiés à cette matière,
qui de quelque nature qu'elle soit est destructrice tant sur le plan matériel que psychique.

Ceux qui deviennent esclaves de la drogue finissent par agir sans aucun discernement ni logique, en étant disposés à faire l'impossible pour se procurer leur dose de " poison ".

C'est la raison pour laquelle le législateur tunisien, a prévu des peines plus sévères à l'encontre des dealers qui profitent en quelque sorte sur le dos des consommateurs accros et acculés à recourir infailliblement à leur service qui est loin d'être gratuit, bien évidemment.
Toutefois, autant la peine est sévère, en l'occurrence, autant les moyens de preuves sont pointilleux et difficiles à établir.
A part le flagrant délit, les témoignages peuvent pris en considération, à condition qu'ils soient probants.
C'est au juge, de déterminer dans ce cas, selon son pouvoir souverain d'appréciation, un témoignage est probant ou pas.
Dans le cas d'espèce, le quinquagénaire accusé de distribution de produits stupéfiants, clama son innocence tout au long des étapes de la procédure, de l'enquête préliminaire jusqu'à devant le tribunal de première instance.
Au départ, il fut arrêté suite à un témoignage, d'un autre accusé, dans la même affaire, selon lequel il affirma que le quinquagénaire était son fournisseur.
Ce que récusa ce dernier, en niant avoir eu une quelconque relation avec le témoin.

Déclaré coupable et condamné à 6 ans de prison, il interjeta appel et soutint devant la cour, qu'il était innocent et que s'il avait été condamné auparavant dans une affaire similaire, cela faisait bien longtemps qu'il avait réintégré le droit chemin depuis.
Son avocat, le soutenant, plaida l' absence totale de l'élément matériel de l'infraction.
Le témoignage, sur lequel était fondée l'accusation, n'est pas du tout probant, ayant émané d'un autre accusé qui cherchait par là même à se disculper.

D'autant plus que ce témoignage n'était corroboré par aucun élément matériel.
L'avocat sollicita pour toutes ces raisons l'acquittement de son client.
La cour suivra-t-elle la thèse de la défense ?
Ahmed YOUNES



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