L'arnaque n'a pas d'âge

2009-10-18 - Le Temps
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C'est un quinquagénaire.
Il travaille comme chaouch dans une administration publique.
Il est affecté au service de la relation avec le citoyen.
C'est dans ce secteur que les demandes d'inscription d'embauche ou de formation sont déposées pour étude par la commission adéquate.

De par sa fonction, il pouvait avoir accès à tous les dossiers .Pendant les heures creuses où les fonctionnaires s'absentaient pour se désaltérer ou pour manger , il se déplaçait dans les bureaux et consultait certaines demandes auxquelles manquaient des pièces justificatives non encore parvenues .
En vérité il ne donnait de l'intérêt qu'aux dossiers auxquels manquaient les mandats ou virements représentant les droits d'inscription.

C'est ainsi qu'un jour il a eu l'idée de se déplacer à hammam-chatt et de se rendre au domicile d'une fille qui a présenté une demande d'inscription.
Il l'a contacté en se faisant passer comme étant responsable du recrutement dans le ministère sus cité.
Il l'informa qu'elle a eu une réponse favorable et qu'elle doit envoyer un mandat dans les heures qui viennent afin que sa candidature ne soit pas annulée.
Pour l'aider à activer l'opération il lui notifie son n° de compte postal afin qu'elle y verse le montant qui est de l'ordre de 300 Dinars.
Ainsi il détournait l'argent destiné au ministère à son propre profit.

Une autre fois il a essayé de compromettre un enseignant en lui demandant de lui fournir son N° de compte en Banque.
C'est par son intermédiaire qu'il voulait encaisser un virement provenant d'un autre demandeur d'emploi habitant Gabès avec qui il s'est entretenu au téléphone.

Après plusieurs semaines d'attente les intéressés se sont adressés au Ministère pour avoir des nouvelles.
Ils se sont rendus compte qu'ils ont été arnaqués.

Les victimes ont déposé une plainte.
Une demande de poursuites de la part des responsables du Ministère a été également adressée à la police.

Arrêté , il a avoué son forfait.
Lors d'une fouille effectuée à son domicile, les enquêteurs ont trouvé plusieurs pièces d'identité appartenant à des candidats et élèves inscrits dans les centres de formation.

Il a été traduit devant la chambre correctionnelle du tribunal de 1ère instance de Tunis.
Devant le juge, il a essayé de revenir sur ses déclarations faites lors de l'instruction et de se disculper en désignant son cousin comme responsable de ces délits.
Le juge lui a indiqué que la fouille effectuée à son domicile a permis de mettre la main sur des documents appartenant au Ministère et qu'il est le seul à pouvoir y accéder.

Il a fini par avouer..

Son avocat a prié la cour de prendre en considération son âge, et de lui infliger le minimum de peine.

L'affaire a été mise en délibéré.
CBD



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