Un centre de relaxation très spécial
2009-10-21 - Le TempsLu 635 fois
La cour d'appel de Tunis a eu à juger a traité en appel une affaire de prostitution clandestine dans laquelle sont impliqués deux dames et deux hommes.
Ils ont été condamnés lors du premier jugement à 9 mois de prison ferme chacun.
Voici les faits
Il s'agit d'un salon de relaxation géré par une esthéticienne de métier.
La propriétaire du centre est une dame mariée.
Suite à une information parvenue au commissariat de police de la cité, dénonçant une activité malsaine dans le dit centre qui sert en réalité de lieu de prostitution, une descente a été effectuée par une brigade spéciale qui a permis d'arrêter la gérante alors qu'elle venait de quitter la chambre réservée aux massages.
La séance en appel a permis aux avocats de la défense de débattre du problème devenu répétitif des centres à caractère hospitalier et qui servent de lieux de relaxation et de massages .Est ce que ces centres sont homologués ? Ont-ils reçu les autorisations nécessaires pour pouvoir exercer librement ? Se sont-ils demandés
La réponse est oui puisque le nombre de ces centres ne cesse de s'amplifier.
La spécificité du métier de kinésie thérapeute stipule-t-il la mixité en matière d'acceptation des clients malades.
Les soins sont-ils prodigués par un personnel masculin ? Féminin ou mixte ? avaient observé les avocats.
La réponse à ces questions permettrait d'analyser tous ces problèmes avec lucidité
Les deux avocats de la propriétaire du centre déclarent que cette dernière a obtenu l'agrément pour ouvrir ce centre grâce aux diplômes qu'elle détient.
Aussi et concernant cette affaire, elle en est totalement étrangère puisque elle a cédé son local en location à la 2ème inculpée à savoir la gérante.
Le contrat de location stipule que la gérante est la seule responsable du local et que conformément à cet accord elle a obligation de payer mensuellement à la propriétaire un montant convenu entre les 2 parties.
C'est pour cette unique raison que la propriétaire se trouvait dans ce centre.
Elle a été arrêtée alors qu'elle était en possession du contrat et du montant du loyer.
L'avocat de la gérante, celle qui exerçait, a plaidé l'absence d'éléments prouvant qu'elle s'adonnait à la prostitution clandestine.
Où est le flagrant délit, se demandait-il ? Comment peut-on affirmer avec exactitude qu'il y a eu acte de prostitution ?
Aussi le législateur a autorisé ces centres à exercer des massages sur les malades.
L'avocat de l'accusé observe que son client a lu une publicité parue sur un journal de la place indiquant l'adresse du centre de relaxation.
Il a téléphoné pour un rendez vous qui lui fut accordé le jour même.
Il s'est présenté et a reçu les soins prescrits sur l'ordonnance médicale.
C'est au moment où il allait quitter la chambre de massage qu'il a été arrêté.
L'avocat a également présenté le certificat médical délivré à son client par son médecin traitant , décrivant la spécificité du massage qui devait lui être effectué.
Le 2ème inculpé qui attendait son tour, n'est pour rien dans cette histoire puisqu'il a déclaré avoir eu l'intention de se faire masser et que ce traitement ne lui a pas été administré.
Les avocats ont été unanimes pour demander à la cour l'annulation du premier jugement et de déclarer leurs clients innocents des faits qui lui sont reprochés et de les relaxer.
Le verdict serait prononcé dans les heures qui viennent.
CBD