Trois braqueurs arrêtés en flagrant délit
2009-10-24 - Le TempsLu 1076 fois
Encore une affaire dont les péripéties ressemblent étrangement à un scénario d'un film digne de figurer dans le palmarès de certains festivals.
Une histoire de braquage qui s'est mal terminée pour les auteurs, lesquels n'ont pu comprendre comment les auxiliaires de la justice ont-ils fait pour les arrêter en si peu de temps, c'est-à-dire presque vingt minutes seulement après avoir commis leur forfait.
Voyons, en tout cas, l'acheminement chronologique d'une affaire pas comme les autres, au cours de laquelle la victime aurait également fait preuve d'une présence d'esprit remarquable qui a contribué largement à son dénouement heureux.
C'était lundi dernier, peu après onze heures du soir, au centre ville.
Trois individus ont le plus naturellement du monde hélé un taxi, annonçant au conducteur qu'ils voulaient se rendre du côté de la cité Rommana, anciennement appelée Ras Ettabia, un coin surplombant la cité Ezzayatine, et la région de Jebel Lahmar et désormais tranquille depuis un certain temps.
Mais toutefois par on ne sait quel pressentiment, le taximan aurait hésité avant de démarrer, car s'aventurer dans ce genre de lieux aux environs de minuit, en compagnie de trois malabars de surcroît, n'était point sans risque.
Il aurait été rassuré par la tenue correcte de ses clients, bien qu'ils soient légèrement éméchés et que leur haleine empestait l'alcool.
Le trajet a été d'ailleurs effectué sans encombre, les passagers se comportant normalement, se lançant de temps à autre une quelconque plaisanterie, sans pour autant essayer d'engager la conversation avec le driver, absorbé lui-même par son volant, peut-être également par ses pensées.
En un mot, les trois gars étaient apparemment des plus sages!
Etait-ce cependant, l'accalmie, qui précédait l'orage? La suite des événements allait nous édifier quant à la véracité de ce vieux conseil de nos aïeux nous apprenant de ne jamais se fier aux apparences !
Parvenus en effet à destination, les trois lascars vont laisser tomber le masque de la sagesse, pour se montrer sous leur vrai visage.
Le client occupant le siège du passager fut le premier à se manifester en exhibant un couteau pour en menacer le pauvre conducteur, lequel s'est plié à leurs exigences, entre autres celles de se séparer de son portable, pour commencer, avant de convoiter la bourse dont ils s'en sont emparée, et pour terminer ils l'ont poussé hors du véhicule, une Peugeot 106, afin d'en prendre possession et démarrer sur les chapeaux de roue.
Demeuré seul, le malheureux taximan n'a pas perdu de temps cependant, s'empressant tout d'abord de regagner la voie principale pour chercher du secours.
Par chance, la première bagnole à pointer fut justement un taxi du même type que la sienne, et équipée par-dessus le marché d'un radio émetteur lui permettant d'entrer en contact avec leur centrale qui allait alerter la police secours et, parallèlement, ses autres confrères forcément à l'écoute de tous les messages.
C'est ainsi que les fuyards ont été rapidement localisés grâce au concours d'un taximan, lequel les a repérés dans les environs de l'aéroport Tunis-Carthage, se mettant à leur filer le train, tout en restant lié en direct avec l'opératrice de la centrale, celle-ci transmettant au fur et à mesure tous les détails de la filature.
D'autres taximen, attachés à leurs radios émetteurs n'ont pas manqué de rappliquer dans les parages, venant à la rescousse et tenant manifestement à contribuer, le cas échéant, à l'arrestation des trois malfaiteurs.
Celle-ci n'a d'ailleurs pas tardé, puisque des policiers ont érigé un barrage sur la route de La Marsa, tandis que les taxis qui ont convergé vers les lieux suivaient à distance le véhicule, venant ensuite le serrer au plus près à son arrivée au barrage.
Les trois malfrats se sont ainsi retrouvés dans un véritable anneau, se rendant finalement à l'évidence, pour ne tenter aucun mouvement de fuite et se laisser appréhender sans la moindre difficulté...
M.
Ben AHMED