Un père abusif, un fils répugnant
2009-10-30 - Le TempsLu 569 fois
Qu'une dispute éclate entre des membres d'une même famille.
Mais que les choses prennent une tournure dramatique, c'est dépasser les règles élémentaires du respect mutuel.
Un père, propriétaire d'une parcelle agricole qu'il laboure chaque année, se fait un gain honorable lors de la récolte de telle manière qu'il ne s'est jamais senti dans le besoin.
Jusque là tout est merveilleux sauf que depuis environ trois ans quand son fils aîné a quitté les bancs de l'école, il l'a orienté vers le travail des champs ne serait-ce que pour l'aider à renforcer la production et contribuer ainsi à fructifier les bénéfices qui en découlent.
Depuis trois ans que le fils travaille sans dire mot, du matin au soir, sans recevoir en contrepartie ne serait-ce qu'un argent de poche pour pouvoir se payer un café le jour où il ne travaille pas.
Il lui est arrivé de demander à son père de lui donner de l'argent, et de le considérer comme un simple travailleur journalier, la réponse était un refus total argumentant que son fils bénéficie du logement et de la nourriture.
Cette situation n'a pu éterniser car le fils se sentant exploité pensa à se révolter.
Le jour de la dernière récolte., avoir terminé les ventes, le père est rentré tout content à la maison.
Il est passé au souk de la localité et s'est approvisionné afin que son épouse prépare un bon dîner.
Au moment où le père allait prendre une petite sieste et bénéficier d'un repos mérité, son fils lui réclame sa part de la récolte.
Il lui a fait comprendre qu'il s'agit d'un droit et qu'il doit disposer de son argent, fruit de son travail.
Le père en entendant ces paroles, a vu rouge.
Il a lancé un lot d'injures en traitant sa progéniture de qualificatifs indécents et inacceptables.
Il pensait ainsi mettre fin au comportement de ce dernier, mais malheureusement c'est le contraire qui s'est produit, le fils a répondu par des insultes,puis ne pouvant plus se contrôler suite à l'état de nervosité dans lequel il était, s'est armé d'un couteau et a tenté de lui asséner des coups si ce n'était la présence de l'oncle qui s'interposa et sépara les deux antagonistes.
A la suite de cette effarouchée que tous les membres de la famille considéraient comme étant un incident de parcours, le père a quitté son domicile et s'est dirigé illico au poste de police où il a déposé plainte contre son fils pour tentative d'agression qui aurait pu être fatale.
Le fils a été arrêté.
Lors de son premier interrogatoire, il a avoué s'être comporté de la sorte devant une situation frustrante.
Il a été traduit devant la chambre correctionnelle du tribunal de 1ère instance et a réitéré ses déclarations faites lors de l'instruction Il a expliqué au juge qu'il n'a jamais été dans ses intentions d'agresser son père, mais a avoué s'être révolté devant cette attitude égoïste et répressive de son père Il a expliqué au juge qu'il a été exploité durant trois ans sans être payé en contrepartie.
L'avocat a plaidé les circonstances atténuantes, puisque l'inculpé était dans un état de nervosité qui ne lui permettait pas de se contrôler.
Juste après la plaidoirie, le père intervient pour déclarer sa part de responsabilité dans cette affaire et qu'il a retiré sa plainte.
L'affaire a été mise en délibéré.
CBD