Point d'argent, point d'amour ?
2009-12-10 - Le TempsLu 534 fois
Encore une affaire de violence conjugale dans laquelle le mari était allé très loin dans ses exactions à l'encontre de son épouse.
Ce fut du moins ce que cette dernière a déclaré dans la plainte qu'elle avait déposée contre lui auprès du procureur de la République, en présentant à l'appui de sa requête un certificat médical circonstancié, dans lequel son médecin traitant a souligné que la victime présentait des ecchymoses sur le corps découlant des multiples sévices qu'elle avait subis.
Pourtant ce couple était en bonne entente conjugale, le mari faisant tout son possible afin de se comporter en bon père de famille.
Il avait un travail qui lui permettait de subvenir à ses besoins et à ceux de son épouse.
Cette dernière n'avait aucun reproche à lui faire et de son côté elle ne négligeait aucun détail afin d'accomplir tous le devoirs que lui imposait son statut de maîtresse du foyer conjugal.
Toutefois, la situation commença à se gâter depuis le jour où le mari perdit son emploi.
Il changea peu à peu de comportement et les scènes de ménage devenaient de plus en plus fréquentes entre ces époux qui naguère menaient une vie exemplaire.
Tellement fréquentes, que l'épouse subissant de plus en plus des violences de la part de son époux se trouva dans l'obligation de quitter le domicile conjugal, pour aller passer quelques jours chez ses parents.
L'époux lassé de se retrouver seul, alla voir son épouse afin de lui demander des excuses et la convaincre à réintégrer le domicile conjugal.
Convaincue de son amour pour elle, et peinée de le voir décimé et se sentir abandonné par celle qu'il aime, l'épouse amadouée, consentit enfin à rentrer avec son époux, lequel lui promit de faire table rase de tout le passé et de ne plus recourir à la violence, physique ou même verbale, à son égard.
Mais l'époux repenti, n'était que la face apparente de l'iceberg.
La pauvre épouse en découvrit en effet la face cachée, dès qu'elle franchit le seuil de la porte du domicile conjugal.
Brusquement et sans crier gare, l'époux la roua de coups avant de la ligoter pour lui faire subir toute sorte de torture, des coups de bâtons jusqu'aux décharges électriques à l'aide d'un fil branché au circuit électrique.
Pour couronner le tout, il la séquestra dans une chambre en l'enfermant à double tour.
La victime appela les voisins à son secours après le départ de son agresseur et néanmoins époux.
Arrêté il déclara qu'il était sujet à des troubles nerveux, pour lesquels il était traité chez un psychiatre, affirmant, qu'il était sous psychotropes, le jour des faits, et ne réalisait pas ce qu'il était en train de faire.
Son avocat plaida les circonstances atténuantes, pour son client qui observa-t-il, était devenu dépressif depuis qu'il perdit son emploi.
L'accusé écopa de deux ans de prison.
Ahmed YOUNES