Au four et au moulin ?

2009-12-11 - Le Temps
Lu 511 fois

Un agriculteur désireux de faire des travaux d'aménagement dans une maison attenant à sa ferme fit appel à un entrepreneur en bâtiment et passa avec lui une convention concernant les dits travaux du point de vue matériaux, coût et délais.
Jusque là rien d'anormal ni de suspect, puisqu'il avait confié la tâche à un professionnel, et il n'avait pas lieu de s'inquiéter.
Or dans la ferme il y a un dépôt où l'agriculteur dépose les sacs d'orge.
Il continua à le faire, sans penser que l'entrepreneur pouvait l'épier en même temps qu'il s'occupait des travaux avec ses ouvriers.
Pouvait-il être en même temps au four et au moulin ?
Cela n'est possible que s'il s'occupait également des travaux de bâtiment dans le moulin et également au four.
Ce n'était pas le cas dans cette affaire, où l'agriculteur s'était rendu compte tardivement que les sacs d'orge se sont brusquement volatilisés.
Il soupçonna tout de suite l'entrepreneur qui passait la plupart se son temps dans la ferme, à quelques pas du dépôt.
Il pouvait à la limite s'apercevoir d'un éventuel intrus ayant l'intention de voler.
L'entrepreneur prétendit cependant n'avoir rien remarqué de suspect.
Chose que l'agriculteur trouva bien bizarre.
Ce fut la raison pour laquelle, il déposa une plainte auprès de la brigade criminelle en déclarant qu'il soupçonnait l'entrepreneur du vol des sacs d'orge.
L'entrepreneur, interrogé par la police, déclara qu'il n'était pas chargé de garder le dépôt en question, et qu'il était là pour une mission déterminée relevant exclusivement de sa compétence à savoir veiller à mener à bien la tâche qui lui fut confiée, et l'accomplir en temps et en heure, en vertu de la convention qu'il a signée avec le maître des lieux.
Il fut, cependant, inculpé d'abus confiance, et comparut dernièrement devant le tribunal afin de répondre de cette accusation qualifiée de crime.
Il réitéra ses déclarations données au cours de l'enquête préliminaire ainsi que devant le juge d'instruction.
Son avocat plaida d'abord la requalification de l'infraction, les faits ne constituant pas en l'occurrence, un abus de confiance qualifié.
En effet, l'entrepreneur, n'avait ni la qualité de mandataire ni celle de gardien des lieux où le vol eut lieu.
Par ailleurs, l'avocat plaida l'absence de l'élément matériel de l'infraction, car rien ne preuve que les sacs d'orge aient été réellement volés.
Il y a donc absence de toute preuve pouvant corroborer l'accusation dirigée contre son client, conclut l'avocat, qui demanda, pour toutes ces raisons, l'acquittement pur et simple.
LE tribunal mit l'affaire en délibéré.
Ahmed YOUNES



Décembre 2009
LMMJVSD
01 02 03 04 05 06
07 08 09 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31
<< >>