Pêcheur en eau trouble
2009-12-20 - Le TempsLu 556 fois
Jamais ce jeune homme n'aurait imaginé que la pêche dont il était féru, le mènerait derrière les barreaux et pour un bon bout de temps,.
En effet, la pêche était son hobby préféré, car il aimait le calme et sur les côtes du Cap Bon où il s'habitua à venir régulièrement, il passait des heures, dans cette activité qui lui permettait de joindre l'utile à l'agréable.
Un jour, il commença sa partie de pêche de bon matin , et alors qu'il attendait, sa canne à la main, qu'un gros poisson vienne mordre à l'hameçon, il remarqua qu'une caisse était abandonnée au bord de l'eau.
Il posa sa canne et alla s'enquérir de plus près de cet objet dont il fut intrigué outre mesure.
Il s'empressa de l'ouvrir et découvrit à l'intérieur, des petites plaques couleur café.
" Qu'est-ce que cela pouvait être ? se demanda-t-il.
C'est peut-être...
"
Il crut deviner ce que c'était, mais pour mieux s'en assurer il contacta son gendre, qui lui dit sans hésiter que cette caisse contenait de la " Zatla ", une matière stupéfiante, très appréciée par les jeunes accros.
Aussi, ce cousin connaisseur en la matière avait-il attiré l'attention du pêcheur qu'il s'agissait d'une aubaine qui pourrait lui rapporter gros.
Il ne manqua pas de lui promettre de l'aider à écouler ces plaques qui se vendront comme des petits pains.
Il y en avait pour 19 kilos de stupéfiants.
Afin d'écouler au plus vite la marchandise, le cousin contacta un ami qui l'aida à accomplir au mieux cette tâche, moyennant une commission de 4 mille dinars.
Cet ami s'attela à la recherche de quelqu'un qui achèterait toute la marchandise au prix de gros, soit 23 mille dinars.
Il dénicha un dealer, bien versé dans le domaine qui consentit à conclure le marché sans rechigner, et fixa rendez-vous pour la concrétisation de cet accord.
Hélas , les vents ne vont pas toujours au gré des voiles.
Les agents de la brigade des stupéfiants informés à temps de cette transaction, les appréhendèrent sur les lieux en flagrant délit, et saisirent la marchandise en question.
Ils étaient donc quatre à comparaître devant le tribunal, après avoir été inculpés d'usage, distribution et commerce de stupéfiants.
Le pêcheur a pour sa part nié son intention de vendre ces plaquettes qu'il remit à son cousin aux fins de les garder pour sa consommation personnelle.
Les trois ont persisté dans leurs dénégations.
Le tribunal les déclara coupables en les condamnant à 6 ans de prison chacun.
Ahmed YOUNES