" Vous êtes bien la belle sœur...de ma cousine ! "
2010-01-13 - Le TempsLu 488 fois
Cette affaire est digne d'une farce des fourberies de Scapin de Molière ou des aventures de Issa Ibn Hichem le fameux personnage des " Makamet " de l'écrivain arabe du 10ième siècle, Badîî Ezzamen Al hamadheni.
Ce cas d'espèce rappelle précisément une des farces du personnage précité qui, s'étant présenté à un inconnu en tant qu' ami à son père, l'invita au restaurant ; et après avoir mangé à satiété, il fila à l'anglaise, en laissant la note à la charge de son hôte.Le couple interpellé par un jeune homme, dans une station de taxis, n'avait soupçonné chez lui rien de dangereux ni d'anormal.
Bien au contraire il était poli et bien courtois.
Il se montra au comble du bonheur pour avoir reconnu une proche parente en la personne de cette jeune épouse qui accompagnait son mari et qui eut lui aussi une bonne impression sur le jeune homme, aimable de raffermir les liens familiaux.
" Je vous ai reconnue dès le premier instant où je vous ai aperçue.
Comment allez-vous et comment va toute la famille ? "
Bien que restant coite, la jeune épouse se montra ravie de connaître ce jeune homme qui continuant sur sa lancée, invita le couple à déjeuner.
Mais la jeune dame lui répondit qu'elle était pressée de rentrer avec son mari.
Le jeune homme insistant lourdement ajouta qu'il tenait à cette invitation et qu'il paierait également les frais du taxi afin qu'ils puissent regagner leur domicile sans inquiétude après le déjeuner.
Devant son insistance, la jeune dame candide, lui rétorqua qu'elle avait suffisamment d'argent et joignant l'acte à la parole, elle lui exhiba un billet de 20 dinars qu'elle sortit de son sac.
Le jeune homme attendant cet instant avec impatience, il arracha brusquement le billet de sa main en prenant la clé des champs.
La pauvre dame qui ne s'attendait nullement à ce geste, resta ahurie, et son époux encore plus abasourdi.
Ils ne purent , après avoir repris leur esprit que de se diriger vers le poste de police le plus proche afin de raconter leur mésaventure.
Arrêté, le jeune homme ne put que reconnaître son forfait en déclarant qu'il se trouva acculé à user de ces fourberies, à cause de l'état d'indigence dans lequel il se trouvait depuis des années, c'est-à-dire depuis qu'il a abandonné ses études en préférant le gain facile au détriment des autres.
Son avocat plaida les circonstances atténuantes pour ce jeune homme sans emploi et sans aucune ressources.
Le tribunal mit l'affaire en délibéré.
Ahmed YOUNES