L'éducation des enfants : la limite entre la correction et la maltraitance
2010-01-23 - Le TempsLu 847 fois
La famille étant une unité fondamentale de la société, les autorités ne cessent d'œuvrer dans tous les pays civilisés et développés, à la croissance et au bien être de tous ses membres dont les enfants.
Ces derniers doivent en effet, être élevés dans le milieu favorable de nature à pouvoir lui permettre de s'épanouir et de vivre dans le bonheur et la dignité.
Le 30 janvier 1992, notre pays a adhéré à la convention internationale des droits de l'enfant proclamée à l'ONU le 20 novembre 1989, où il est affirmé dans son préambule que la reconnaissance de la dignité de tous les membres de la famille, dont celle de l'enfant, est inhérente au caractère inaliénable de leurs droits en vue de liberté, la justice et la paix dans le monde.
Le législateur tunisien est intervenu sur cette base en instituant le code de la protection de l'enfant en vertu de la loi promulguée par le chef de l'Etat le 9 novembre 1995 et ce en vue de : " Promouvoir l'enfance, tout en tenant compte de ses spécificités caractérisant ses possibilités physiques, ses penchants affectifs, ses capacités intellectuelles et son savoir-faire, à un niveau de protection garantissant la préparation des générations futures, et ce en prenant soin des enfants.
"
Prendre soins des enfants, c'est en premier lieu lui inculquer l'éducation idoine contribuant à son épanouissement et au développement de ses facultés physique et mentale.
C'est justement aux parents qu'il appartient en premier de le faire.
Disons de prime abord que le niveau matériel variant d'une famille à une autre, peut constituer un inconvénient pour procurer les moyens adéquats à cet effet.
Toutefois il ne constitue pas pour autant un obstacle pour les parents désireux d'inculquer à leurs enfants des règles de comportement dans la société pour une éducation saine et fondée sur les principes du civisme et du respect d'autrui.
Ce respect commence au sein de la cellule familiale, et ce sont mes parents qui doivent donner l'exemple en se respectant mutuellement.
C'est de cette façon qu'ils apprendront à leurs enfants de les respecter et de se respecter eux-mêmes.
Un père qui sous-estime ses enfants et n'attache aucune importance à leurs idées et leurs suggestions, court des risques énormes, dont notamment celui de se voir au fil du temps, dépassé voire négligé par des enfants qui auront évolué et choisi leur voix.
A fortiori, s'il s'agit d'un père violent qui sous prétexte de corriger ses enfants leur rend la vie dure en leur faisant subir toutes sortes de mauvais traitements.
Certains parmi ces cas ont parfois tourné à la catastrophe.
Des problèmes de ce genre surgissent notamment lorsque les parents sont divorcés.
C'est à ce dessein que le code de la protection, de l'enfant a été institué, et en vertu duquel, tout mauvais traitement d'un enfant, est réprimé, quel qu'en soit l'auteur.
Cependant, dans les cas où les parents sont en difficulté, le tuteur peut se voir accusé de mauvais traitement et comparaître devant le juge.
La limite est parfois difficile à faire entre un mauvais traitement et une admonestation, par un père convaincu que celui qui aime châtie bien.
Ahmed YOUNES