On n'apprend pas à faire la grimace à... !
2010-03-14 - Le TempsLu 535 fois
Le libraire de l'une des cités de la capitale, connaissait bien ses clients qui venaient pour acheter des fournitures scolaires, des journaux ou des livres pour leurs enfants.
Il essayait de les renseigner du mieux qu'il pouvait et personne n'avait à se plaindre de ses services.
Bien au contraire, il était toujours avenant et toujours, prêt à rendre service aussi bien aux élèves qui fréquentaient sa boutique qu'à leurs parents.
Mais le jour des faits la dame qui vint le voir n'était pas une cliente assidue.
Il l'avaitpeut-être aperçue quelquefois dans le quartier, mais il ne put la situer d'une manière précise.
Cela ne l'a pas empêché de la recevoir correctement et avec le sourire commercial.
" Je voudrais un crayon pour mon fils, s'il vous plaît " lui demanda-t-elle d'une voix assez ferme et décidée.
" A votre service madame ; voilà un crayon à mine ; ça vous fait trois cents millimes "
Jusque-là, rien d'anormal, car il lui arrivait de ne vendre, pendant toute une journée, que deux stylos un crayonet une gomme.
Parfois même il vend à crédit à des clients qu'il connaît bien.
Mais il fut très étonné et commença à écarquiller les yeux puis se les frotter pour voir s'il ne rêvait pas, lorsque la cliente lui tendit un billet de 30 dinars, en paiement du crayon à 300 millimes.
Insensé ! autant la laisser partir sans payer, car tout compte fait c'est plus facile que d'aller chercher la monnaie, et ça évite une perte de temps qui ne vaut nullement la peine.
Il allait donc lui dire de partir, à charge de revenir une autre fois pour payer.
Mais il a eu comme un pressentiment.
" Et s'il y avait anguille sous roche ? voyons ce billet de plus près ! ; ah ha ! "
Ce libraire bien futé avait visé juste.
Le billet était bien un faux ! faisant semblant d'aller faire la monnaie, il s'empressa d'appeler la police.
Appréhendée, la bonne-dame déclara qu'elle était mère de six enfants et qu'elle ne pouvait pas se permettre de courir le risque d'écouler des faux billets.
" Le billet en question m'a été donné par une autre dame et je ne suis pas du tout au courant que c'est un faux ! " déclara-t-elle aux enquêteurs.
Le billet de 30 dinars était tout simplement scanné, et la bonne dame a été inculpée d'écoulement de faux billet.
Devant le tribunal, elle clama sa bonne foi en réitérant ses déclarations données au cours de l'enquête préliminaire.
Son avocate affirma que sa cliente ne peut être accusé de contrefaçon, le billet étant scanné d'une part et que d'autre part il n'y a aucune preuve pouvant établir les faits incriminés.
Elle demanda, pour ces raisons l'acquittement de sa cliente.
Le tribunal, après en avoir délibéré la condamna à la peine de trois mois de prison avec sursis.
A.Y.