Ah, la sacoche !
2010-07-14 - Le TempsLu 551 fois
W est un récidiviste notoire en matière de vol de domiciles.
Son casier judiciaire révèle deux affaires pour lesquelles il a été condamné une fois àun an et une deuxième fois à 2 ans de prison.
Sitôt libéré,le voilà qu’il récidive ens’attaquant à une maison.
Il a guetté le propriétaire des lieux et a pu connaître ses heures d’absence de son domicile ainsi que l’absence de son épousequi sorttous les jourspour fairele marché.
Le jour des faits elle quitta son domicile comme à l’accoutumée , dans la matinée, en prenant soin de bien fermer la porte à clé.
W demanda à un jeune amide son quartier, de l’accompagnerpourfaire le guet à toutes fins utileset de l’avertir au moment opportun.
Il a escaladé le mur de clôture, a fait le tour du jardin et a pu ouvrir la porte de la cuisine.
Une fois à l’intérieur il a trouvé au salon une sacoche.
En l’ouvrantil a trouvé une liasse de billets de banques,un téléphone portable, des lunettes solaires et des clés de voiture.
Sans attendre, il a pris la sacoche et a quitté les lieux.
Il est reparti avec R le jeune compliceet se sont isolés dans un coin tranquille.
Il a vérifié le contenu de la sacoche.
Il y avait la somme de 650 Euros, 200 dinars.
Il a de suite remis 100 dinars au jeune R et lui a demandé de déguerpir.
Il s’est trouvé avec la somme de 650 Euros qu’il a vouluchanger en dinars.
A cet effet ils’est adressé au prénommé N qui accepta de lui faire le change moyennant une commission.
N a changé les billets, a gardé la somme de deux cents dinars et a envoyé un mandat de 500 Dinars à W.
En rentrant chez elle la dame s’est aperçue de la disparition de la sacoche.
Elle a de suite informé son époux qui a alertéles agents dela brigade criminelle.
Arrivés sur les lieux, ces derniers ont constaté les dégâts causés sur la portede la cuisine qui donne sur le jardin et qui a été fracturée.
Ils ont relevéles empreintes digitales.
Le propriétaire a déposé plainte contre X en déclarant le vol de la sacoche .
Quelque temps après l’enquête a abouti à l’arrestation des trois jeunes hommes impliqués.
R considéré mineure a été confié à un tribunal pour enfants.
Il a reconnu au cours de l’enquête avoir fait le guet et a encaissé la somme de cent dinars.
Mais il a assuré n’avoir jamais participé au cambriolage.
W a reconnu les faits en dans leurs détails.
N a déclaré qu’il ignorait que les devises étaient volées.
Il a déclaré que c’est à cause de l’argent que W lui devait qu’il a accepté de faire la transaction.
W et N ont été traduits en état d’arrestation devant la chambre criminelle du tribunal de 1ère instance de Tunis pour répondre de leur forfait.
W pour cambriolage d’une maison et N pour complicité.
Ils ont réitéré devant le juge les déclarations données au cours de l’enquête préliminaire.
Chacun a en effet reconnu les délits qui lui sont reprochés.
Sauf que N a nié avoir été au courant que les devises étaient volées.
Deux avocats ont plaidé les circonstances atténuantes.
Celui de N a déclaré que son client avait décidé depuis longtemps de s’éloigner des milieux des délinquants.
Il a réintégré le droit chemin et se préparait à se marier.
Il n’avait jamais imaginé qu’il allait être impliqué de nouveau dans une affaire pareille.
L’avocat a sollicité l’indulgence des juges
L’affaire a été mise en délibéré.
CBD