Délit de mendicité
2010-12-03 - Le TempsLu 471 fois
Le fait de demander l’aumône est-il interdit par la loi ?
La réponse à cette question est mal aisée, car il faut faire la part des choses en faisant la distinction entre demander et faire la quête.
J’allais dire le « racket, car c’est ce qui se passe avec certaines personnes qui insistent lourdement en demandant soi-disant de l’aide sous prétexte qu’ils sont indigents démunis.
Tous les moyens sont bons pour le gain facile.
Cela va de la situation sociale, jusqu’aux handicaps physiques ou mentaux.
D’ailleurs ceux qui sont sincères sont plutôt dignes et pudiques n’osant jamais insister lourdement.
Faire l’aumône est certes un devoir pour tous, aussi bien par solidarité que par instinct humain, d’autant plus que sur le plan religieux, c’est une bonne action qui est certainement récompensée par le Tout Puissant.
Cependant des personnes mal intentionnées, y trouvent un bon prétexte afin de soutirer de l’argent en profitant de la crédulité de certaines bonnes gens.
Bien plus, des imposteurs se présentent en tant qu’handicapés physiques, pour susciter la pitié et parvenir à son but.
Ce qui encore bien plus grave c’est que certaines personnesexposentd’autres personnes handicapées ou simulant de l’être, afin de pratiquer la mendicité pour leur compte.
Le délit de mendicitéest encore aggravé par cette attitude.
Il est prévu par l’article 171 nouveau du code pénal où il est stipulé :
« Est puni de 6 mois de prisoncelui qui simule des infirmités ou des plaies, pour demander l’aumône.
La peine est portée à un an pour celui qui emploie à la mendicité un enfant âgé de moins de 18 ans.
La peine est portée au double, si cet emploi se fait sous forme de groupes organisés.
»
Cet article a été modifié en vertu de la loi du 9 novembre 1995, promulguée dans le but de mieux préserver les droits de l’enfant.
Est-ce à dire que l’emploi de personnes adultes n’est pas interdit ?
Que nenni, car cela constitue de toutes les façons les manœuvres frauduleuses constitutives du délit d’escroquerie.
Ce délit est aggravé, s’il est exercé au sein d’un groupe,et qualifié en droit pénal d’association de malfaiteurs
Ahmed YOUNES