Infirmier-malfaiteur… ou victime !
2008-03-10 - Le Quotidien Lu 509 fois
Tunis-Le Quotidien
Qui a dit vrai et qui a effrontément menti entre le plaignant se disant victime d’un vol et la victime d’une agression soutenant avoir été flouée par le plaignant ?
C’est un vrai casse-tête, une affaire abracadabrante, dont le point de départ était une plainte portée par un quinquagénaire victime de son infirmier, selon ses dires, qui leur aurait administré une forte dose de somnifère, à son épouse et à lui-même, avant de revenir dans la nuit pour lui voler son bétail, précisément ses moutons !
Poussant un peu plus sa déposition, le vieux bonhomme allait indiquer que son «piqueur» aurait mal calculé son coup, ce qui explique qu’il a été réveillé en pleine nuit par des bruits insolites et non moins bizarres provenant de l’endroit, en guise d’enclos, où il gardait son petit troupeau. Autrement dit, le somnifère mélangé au médicament qu’il avait l’habitude de prendre, n’était pas si puissant à même de l’endormir jusqu’au matin.
Il devait terminer sa déposition par expliquer qu’il a eu malgré tout le mérite de mettre en déroute son infirmier-voleur grâce, bien entendu, à son courage, mais également grâce à l’aide précieuse, ou plutôt la complicité de son gourdin qu’il avait toujours à portée de main.
Or, ledit infirmier, désormais suspect, allait donner une autre version, complètement différente !
La similitude s’arrêtait en effet au moment des piqûres qu’il a administrées aux deux patients. Moment, affirmait-il, où il a conclu un accord avec le vieux pour lui acheter ses moutons pour une somme de mille six cents dinars. Il était par ailleurs convenu de revenir tard dans la soirée afin de prendre livraison de son troupeau.
Seulement, un différend allait opposer les deux hommes au moment de conclure l’affaire. Un différend pour une centaine de dinars qui a poussé l’infirmier à tout laisser tomber et revenir sur l’accord. C’est alors que le vieux perdit les boules, entrant dans une colère bleue, au point de l’agresser à l’aide de son gourdin, brisant au passage les vitres de la camionnette qu’il a ramenée pour embarquer le bétail !
Il est désormais du ressort de la justice de démêler cet imbroglio, ou plutôt cette énigme, et déterminer lequel des deux bonshommes aurait dit vrai…
M.A.