Monastir : Une raclée, un avortement
2009-06-13 - Le Quotidien Lu 817 fois
Un moment d’égarement, d’inconscience ; un acte malheureux qui allait coûter cher au ménage…
Tunis – Le Quotidien
Depuis le jour où il a été révoqué du poste qu’il occupait dans un établissement privé, une mise en indisponibilité conditionnée par les gaffes à succession commises en quelques semaines, le bonhomme n’arrivait plus à retrouver son équilibre. Aussi, s’est-il cloîtré chez lui, laissant le soin à son épouse de se démerder avec le peu d’argent qu’elle gagnait. Celle-ci ne rechignait point à la besogne, essayant tant bien que mal de subvenir aux besoins, du moins primordiaux, du ménage.Or le mari devenait de plus en plus coléreux, au point de ne plus se retenir, s’en retournant contre sa femme à chaque fois que cette dernière s’en lamente, surtout d’une situation devenue au fil des mois pratiquement invivable, d’autant qu’elle était enceinte, attendant un garçon qui viendrait égayer leur foyer dans trois mois.Rien n’y fit, cependant, l’époux continuant à se prélasser sans se soucier le moins du monde des tracasseries et toutes sortes de difficultés auxquelles elle faisait face pour gérer le quotidien, tâche que la pauvre épouse exécutait sans rechigner, tout en gardant l’espoir en une imminente reprise de conscience de la part du conjoint. Hélas, le bonhomme vivait apparemment dans un autre monde, tout à fait inconscient de ce qui se tramait autour de lui !Le jour des faits, la bonne dame est rentrée exténuée à la suite d’une longue journée de labeur, ne perdant toutefois pas de temps, puisqu’elle allait rejoindre directement sa kitchenette afin de préparer à manger, mais le gaz vint à manquer. Elle est allée réveiller le «monsieur» pour aller chercher une nouvelle bonbonne. Ce fut le point de départ du drame, le bonhomme réagissant, inexplicablement, mal à la requête de l’épouse, laquelle elle-même excédée par tant de laxisme, allait répliquer en lui balançant certaines vérités à la figure. Les événements se précipitèrent tellement, dès lors, au point que le conjoint ne put se retenir, allant jusqu’à agresser sauvagement sa femme, ne lâchant prise que lorsqu’elle est tombée à ses pieds, inanimée. C’est à ce moment seulement qu’il s’est rendu compte de la gravité de son acte, s’empressant de demander du secours pour transporter l’épouse à l’hôpital !Grâce aux efforts consentis par le corps médical, on a pu certes sauver la femme, mais elle a dû malheureusement perdre le bébé. Une fois remise, elle n’a d’ailleurs pas hésité à déposer plainte, tenant à poursuivre son conjoint en justice. Un conjoint qui s’est retrouvé derrière les barreaux en attendant d’être jugé pour un acte dont il s’en mordra certainement les doigts…
Mansour AMARA