Meurtre dans le noir et crime obscur

2007-09-24 - Le Temps
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Il avait passé toute son enfance à la campagne où était installée toute sa famille et avait grandi dans cette ambiance chaude et conviviale, avec son père et ses oncles qui habitaient tous dans cette vaste ferme héritée de leurs aïeuls.
Ce quarantenaire était dans la force de l'âge, et travaillait dur depuis qu'il s'était marié et que son épouse lui donna un premier enfant.
Il entretenait de bonnes relations avec tous ses cousins, n'hésitait pas à les aider dans les multiples tâches agricoles au sein de la ferme.
Toutefois, le plus jeune de ses cousins, exigea depuis son mariage, avec l'une de ses cousines, le partage de la ferme entre les ayants-droits.
Ceux-ci, travaillant ensemble, n'étaient pas gênés, par la situation d'indivision en vertu de laquelle ils occupaient cette ferme sur le plan légal.
Mais le jeune cousin, ayant d'autres projets, et voulant donner sa part en hypothèque, pour avoir un crédit bancaire, il exigea que le partage se réalisât au plus tôt, affirmant au passage qu'il était le plus lésé, car son cousin, le quarantenaire, aurait empiété sur son terrain.

Les difficultés commençaient à s'accumuler depuis qu'était né ce litige en ce qui concernait le partage.

En effet tous les cousins se solidarisèrent avec le plus jeune qui réclamait en plus du partage, la régularisation de la situation avec le quarantenaire qu'il accuse d'empiètement sur son terrain.

Un arrangement à l'amiable n'ayant pu aboutir l'affaire fut portée devant le juge qui tranchera à la lumière de l'avis d'un expert, qu'il désignera pour se déplacer sur les lieux et procéder au partage après avoir pris connaissance de tous les éléments lui permettant de trancher de la manière la plus légale et la plus objective.
Cela allait prendre du temps ; cependant la situation ne cessait d'empirer et l'ambiance devint plutôt intenable et tendue , dans la ferme, d'autant plus que les cousins se sont tous ligués contre le quarantenaire, incitant le plus jeune à l'importuner et à lui rendre la vie difficile.
Celui-ci essayait d'éviter les prises de bec et les scandales car il était plutôt pacifique, alors que son jeune cousin était agressif et ne manquait pas d'occasion à chaque fois qu'il le rencontrait pour lui proférer des menaces et le couvrir d'injures.
Mais un drame allait éclater, subitement et au moment où on s'y attendait le moins.
Par un soir d'hiver, alors que tout le monde regagnait la maison dès la tombée du jour, fuyant le froid et la bise glaciale, le quarantenaire, qui s'apprêter à se mettre au lit, alors que son épouse et son enfant dormaient, entendit un grand vacarme au dehors et des personnes l'appeler lui proférant des injures.
Il crut à des malfaiteurs qui venaient pour voler.
Il s'arma de ce fait d'un couteau et sortir afin de s'enquérir de ce qui se passait au juste.
Il était onze heures du soir et il faisait très obscur.

Dès qu'il mit les pieds dehors il fut attaqué par trois personnes, parmi lesquelles il reconnut son jeune cousin.
Celui-ci était dans tous ses états et avait l'air menaçant, et était décidé à lui faire du mal par tous les moyens.
En effet, sans crier gare il fondit sur le quarantenaire, pour le frapper de toutes ses forces avec le gourdin qu'il portait.
Le quarantenaire, poussé par l'instinct de défense, lui asséna un coup au flanc, à l'aide du couteau qu'il portait.
Voyant la victime gisant par terre avec du sang qui coulait de sa blessure, il alla directement à la police de la région , afin d'y relater sa mésaventure et leur demander du secours pour le blessé.
Mais le coup de théâtre qui se produisit, laissa perplexes tant le cousin que les agents de polices qui se dépêchèrent avec sur les lieux : la victime, inanimée et couverte de sang, était criblée de coups de couteau.
Il y avait de quoi, le cousin étant convaincu qu'il avait asséné à la victime, un seul coup, pour se défendre.
Il était sûr que ce n'était pas lui qui avait causé toutes ses blessures.
Qui avait pu la cribler de coups ?
Etait-ce ses autres cousins, ou des malfaiteurs se trouvant par hasard avec la victime sur les lieux.
Celle-ci était peut-être venue pour discuter du problème du partage, bien que cela semble assez incongru, surtout à une heure si tardive.
Au delà de tout, qui avait tant de haine pour tuer la victime de cette façon si cruelle ?
Le quarantenaire fut accusé d'homicide volontaire, bien qu'il soutenait qu'il n'avait pas l'intention de tuer la victime, à laquelle il asséna toutefois un seul coup de couteau pour se défendre.
Il écopa d'une condamnation de vingt ans de prison.
Cela fait treize ans qu'il ne cesse, à partir de sa cellule, de clamer son innocence.

Ahmed YOUNES



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