Des voleurs de bétail sous les verrous
2008-01-01 - Le TempsLu 575 fois
En prévision de l'Aïd El Kébir qui vient de s'écouler, une bande organisée de jeunes écervelés a décidé de réaliser un grand coup dans le gouvernorat de La Manouba où ils ont eu vent de la présence d'un fermier solitaire d'un âge avancé.
Ce dernier, qui ne cesse de travailler la terre depuis un demi-siècle environ, possède une petite étable dont il prend soin spécialement en vue de cette fête qui lui procure des bénéfices substantiels avec la vente de son petit troupeau.
Cette horde de malfaiteurs a émigré de la commune de Makthar pour infester les régions environnantes de la capitale.
Ils étaient prêts à accomplir tout genre de méfaits.
Et pour réaliser au plus vite leurs objectifs, il leur fallait se procurer un moyen de locomotion qu'ils n'ont pas tardé à dénicher, en profitant d'un moment d'inattention de son propriétaire pour s'en emparer et disparaître ensuite dans la nature.
C'était un vieux tacot, mais avec une benne capable de contenir un gros butin.
Illico presto, ils se dirigèrent vers la ferme de l'infortuné agriculteur qui eut la désagréable surprise de les voir surgir tels des félins dans l'étable où ils raflèrent sans coup férir une vingtaine d'agneaux et de brebis.
Le malheureux vieillard demeura pantois.
Tout seul, il ne pouvait rien faire et ses appels au secours auraient été emportés par le vent, tant il était éloigné du voisinage.
Il se résigna à son sort.
Quant au quatuor, il embarqua les bêtes dans la benne de la 404 bâchée pour démarrer sur les chapeaux de roues en direction de Medjez-El-Bab.
Le coup semblait avoir réussi, mais la vitesse élevée du véhicule utilitaire allait provoquer la perte des voleurs puisqu'elle attira l'attention d'une patrouille de la garde nationale en poste, à un détour de la route.
Sommé de s'arrêter, le chauffeur fit semblant de le faire avant d'écraser le champignon.
Aussitôt, les agents prirent en chasse la 404.
Coup de théâtre : les occupants de la benne se mirent alors à balancer les têtes d'ovins sur la chaussée, dans l'espoir de freiner la poursuite.
Un acte criminel qui aurait pu avoir de graves conséquences sur les gardes nationaux qui ont néanmoins fait acte d'héroïsme en continuant la course-poursuite, accomplissant pleinement leur devoir.
Leur bravoure et leur grande expérience ont été finalement récompensées quand les malfaiteurs se sont rendus.
Le pauvre agriculteur a malheureusement perdu quelques bêtes dans cette course-poursuite infernale, mais ses agresseurs, arrêtés le jour même, n'échapperont pas à la justice devant laquelle ils comparaîtront, une fois l'enquête terminée.
Hamadi TAZARKI