L'amitié bafouée pour une... futilité
2008-01-03 - Le TempsLu 558 fois
Ils s'étaient connus dans le milieu carcéral nos deux anciens locataires de l'ex-prison civile du 9 avril de la capitale.
Ils y résidèrent un certain temps, l'un pour chapardages fréquents, l'autre pour une affaire de mœurs.
Ayant tissé de solides relations fraternelles d'autant qu'ils partageaient la même chambrée, ils finirent par devenir deux lascars inséparables, cités en exemple par les vigiles pour leur discipline et leur comportement.
A l'issue de leur peine respective purgée correctement, ils ont été élargis.
Mais avant de se séparer, ils se sont juré solidarité et fidélité pour le restant de la vie et chacun est parti de son côté à la recherche de la meilleure insertion sociale possible.
Néanmoins, le hasard a voulu qu'une fois à l'air libre, leur amitié, qui était pourtant solide entre les barreaux, s'estompe en un clin d'œil.
Le cadet ayant été poussé à commettre l'impair, tant il était dans la dèche, tandis que l'aîné avait réussi à trouver un emploi honorable qui lui a permis de subvenir aux besoins de sa petite famille.
Il avait renoué avec le travail, alors que son jeune compère courait désespérément derrière, la chance lui ayant carrément tourné le dos jusqu'au jour où ils se rencontrèrent à nouveau.
Ils profitèrent alors de l'occasion de ces retrouvailles pour évoquer le passé, le présent et le futur.
Le plus jeune des deux débita les vicissitudes qu'il n'a cessé d'endurer depuis son élargissement, tout en lorgnant vers le téléphone portable de son aîné, posé sur la table.
Il était plutôt attiré par le portable qu'intéressé par la conversation avec son ancien compagnon de cellule.
Profitant d'un moment d'inattention de ce dernier et avec un geste agile il parvint à le subtiliser avant de prendre congé de lui.
Vraiment, le portable était plus fort que l'amitié solide qui s'était forgée naguère entre les deux hommes lorsqu'ils croupissaient en prison.
Suite à la plainte déposée par la victime, le roublard a été rapidement arrêté pour reconnaître son forfait, expliquant, aux enquêteurs son geste malheureux par des besoins impérieux auxquels il avait à faire face dans l'urgence, sa mère étant gravement malade et il fallait absolument lui acheter les médicaments nécessaires.
Traduit devant la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Ben Arous, l'accusé a été condamné à deux mois de prison ferme.
Hamadi TAZARKI