Des marchands vindicatifs
2008-01-13 - Le TempsLu 491 fois
Les souks dans la ville arabe grouillent de monde, alors que dire des souks hebdomadaires implantés dans toutes les banlieues de la capitale.
C'est l'occasion pour les citoyens, notamment ceux aux moyens modestes de faire leurs « marchés » de la semaine.
Ils sont tellement fréquentés - vu les prix abordables des légumes et fruits - qu'ils animent les localités ou quartiers dans lesquels ils se trouvent, une matinée durant.
De nombreux ménages les fréquentent assidûment pour remplir leurs couffins en victuailles, en fonction de leurs bourses.
Ils profitent également de l'occasion pour jeter un coup d'œil sur la fripe et réalisent d'une pierre deux coups puisqu'ils habillent leurs bambins en même temps pour une poignée de dinars.
Outre, les rencontres imprévues avec les commères qui génèrent une clameur particulière.
Un certain vendredi, au souk de L'Ariana et alors que l'ambiance était bon enfant, le brouhaha habituel prit une allure dramatique et le désordre le plus inimaginable s'installa dans les allées bondées de monde et s'étendit parmi les étals du enfla en un clin d'œil au point de s'étendre presque à tous les étals.
L'origine de cette perturbation : une prise de bec entre deux marchands au sujet d'un emplacement réservé.
Cette altercation prit rapidement de l'ampleur et une véritable bataille rangée entre les partisans des deux camps se substitua au règlement à l'amiable de ce différend que tentaient de trouver des âmes charitables.
Les citoyens apeurés devaient alors fuir les lieux et renoncer à leurs emplettes.
On a frisé le drame.
L'un des deux marchands, ayant été attardé par l'accomplissement de certaines formalités administratives, avait gentiment prié son collègue de lui restituer sa place habituelle, bien connue par ses fidèles clients.
Mais au lieu de s'exécuter, ce dernier fit la sourde oreille.
Ce qui eut pour effet immédiat, une riposte violente de son rival dont le sang ne fit qu'un tour.
L'agrippant avec rudesse, il faillit l'étrangler, n'eût été l'intervention salutaire des badauds accourus pour mettre fin aux velléités.
Vainement d'ailleurs puisque la bagarre reprit de plus belle, les deux belligérants ayant fait appel à leurs partisans.
Une bataille en bonne et due forme s'installa dans le souk au grand désarroi des citoyens qui recoururent à la police pour rétablir l'ordre.
Emmenés au poste, les deux malheureux protagonistes de cette querelle futile regrettèrent leur entêtement qui a conduit à ce désastre, et à leur comparution prochaine devant la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de l'Ariana.
Hamadi TAZARKI