Il lui brise l'auriculaire !

2008-01-09 - Le Temps
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Histoire insolite que nous vous relatons aujourd'hui car elle sort quelque peu de l'ordinaire et qui est survenue entre un marchand de fruits et une dame d'un âge mûr, venue à son étal pour se procurer les poires juteuses qu'elle affectionne particulièrement.
Toutefois, au lieu de retourner chez elle ravie de son achat, elle s'est retrouvée à l'hôpital avec un auriculaire brisé ! Que s'est-il passé entre temps ? Le jour du souk hebdomadaire d'El Mourouj, un soleil radieux incitait les retardataires à s'y rendre pour s'approvisionner en toutes sortes de denrées alimentaires, en profitant, à l'occasion, des bas prix pratiqués.
Vers onze heures du matin et alors que le souk grouillait de monde, la plaignante, notamment attirée par un étal sur lequel trônait son fruit préféré, se dirigea tout droit vers le marchand pour lui demander de lui peser deux kilos.
Celui-ci s'exécuta avec un tel empressement qu'il lui choisit quelques poires gâtées, une mauvaise habitude prise par certains détaillants peu scrupuleux.
Bien entendu, la dame refusa ces poires incomestibles et renonça à son achat.
Ce qui déclencha aussitôt un incident entre la cliente et le marchand qui l'abreuva de mots orduriers.
Il ne s'en tint pas aux paroles grossières puisqu'il se saisit d'un cageot qu'il balança en direction de la victime.
Pour se protéger, cette dernière plaça sa main gauche devant son visage.
Vainement car le cageot percuta de plein fouet son auriculaire qui se brisa, lui causant des douleurs insoutenables.
D'ailleurs, le médecin de la santé publique lui administra un repos de quinze jours.
Muni d'un certificat médical, la victime déposa plainte contre ce marchand de fruits récalcitrant qui a été aussitôt arrêté.
Deux témoins, convoqués au poste de police, ont enfoncé le clou à ses dépens, affirmant que l'accusé a en effet agressé la dame, après l'avoir traitée de tous les noms d'oiseaux.
Un incident banal qui se termine par des brutalités injustifiées.
Lors de l'interrogatoire, le prévenu a maladroitement soutenu que c'était lui la cible des grossièretés proférées par sa cliente qui a voulu choisir elle-même les fruits, mais qu'il l'a empêchée de le faire, niant au passage l'avoir agressée avec un cageot.
Confronté avec la plaignante et les deux témoins, il a maintenu ses déclarations antérieures.
Saisi de l'affaire, le procureur de la République du tribunal de première instance de Ben Arous a émis un mandat de dépôt à l'encontre de l'agresseur, sous le double chef d'accusation d'atteinte aux bonnes mœurs et de violences graves.
Hamadi TAZARKI



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