Une balafre… entre « amis »
2008-01-30 - Le TempsLu 512 fois
Ils ont décidé de célébrer leurs retrouvailles en compagnie de la dive bouteille, dans un coin à l'abri des regards des curieux, à Mélassine même, lieu de leurs hauts faits qui leur ont valu d'acquérir la notoriété.
Les deux camarades de geôle, qui ont rompu depuis belle lurette avec leur sinistre passé, se sont empressés d'effectuer les préparatifs nécessaires à leur réunion bucolique.
Ils n'ont pas aussi manqué de rappeler leur troupe afin de conférer plus de solennité à ces retrouvailles qu'ils voulaient grandioses.
Le soir venu, ils se sont réunis autour d'une table gargantuesque, richement agrémentée.
Pour la première fois de leur vie, les convives devaient prendre au préalable un apéritif en croquant des salés, à l'instar des grands de ce monde, avant de se rabattre qui, sur des canettes de bière, qui, sur le vin rouge qu'ils apprécient particulièrement.
La discussion battait son plein tandis que les deux lascars, organisateurs de ce festin, se remémoraient leurs exploits antérieurs.
L'ambiance était assez chaude, mais tout à fait calme malgré l'alcool qui coulait à flot.
Pas pour longtemps, puisque l'un d'eux fit un reproche à son vis-à-vis, lui faisant remarquer qu'il avait failli, une fois, l'incriminer dans une affaire de trafic de drogue à laquelle il n'avait jamais participé.
Le ton monta alors d'un cran et rapidement les deux hommes en vinrent aux mains.
Et malgré l'intervention énergique des invités pour calmer le jeu, la bagarre continua de plus belle et prit fin par une balafre profonde.
Le jeune homme blessé déposa une plainte auprès du poste de police le plus proche contre son agresseur qui a été appréhendé.
Lors de l'enquête préliminaire, il avoua sans tergiverser avoir frappé son ami avec une lame de rasoir, sous l'effet de la colère et l'emprise de l'alcool.
A l'audience, il regretta amèrement son geste, d'autant que la victime figure parmi le cercle restreint de ses compagnons les plus intimes.
Néanmoins, la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis lui infligea une peine exemplaire de deux ans et demi de prison.
Interjetant appel, l'accusé comparut à nouveau et son avocat a réussi à convaincre la cour de ramener le verdict à une année d'emprisonnement seulement, en exhibant un acte écrit de la victime par lequel elle renonce aux poursuites judiciaires.
Hamadi TAZARKI