Victime du démon de midi

2008-04-01 - Le Temps
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La nature humaine est certes complexe avec ses qualités et ses défauts, mais elle se trouve dotée d'une faculté essentielle, qui la distingue des autres animaux, déclinée sous le substantif de raison que tout un chacun, normalement constitué, est susceptible d'utiliser à bon escient, à moins d'être atteint pathologiquement.
Ce qui semble le cas de ce quinquagénaire, impliqué dans cette grave affaire d'attentat à la pudeur sur une jeune fille sans son consentement avec emploi d'une arme blanche, doublé d'enlèvement de la victime et suivi du vol de son argent ainsi que de son téléphone portable.

L'intéressé, un homme marié et en pleine force de l'âge, a commis cette folie au mois de février 2005, certainement miné par le démon de midi qui atteint généralement le sexe masculin vers la cinquantaine.
Pourtant, il menait jusque là une vie tranquille auprès de sa femme et de ses enfants auxquels il se consacrait entièrement.
Il a fallu à ce démon de midi de surgir subitement pour habiter l'accusé à tel point qu'il a jeté son dévolu sur une jeune fille qu'il n'a cessé d'épier, tout en étant incapable de lui déclarer sa flamme, ayant été atteint par un blocage psychologique inexplicable.
Un certain soir, il l'a observée sur le parking en train de garer sa voiture, à son retour du travail.
Machinalement, il se dirigea vers elle, exhiba un couteau qu'il pointa dans son dos, avant de l'obliger à le suivre sur une quinzaine de mètres en direction de la forêt de Radès.
Là, à l'abri des regards indiscrets et toujours sous la menace, il attenta à la pudeur de la jeune fille.
Une fois, sa vile besogne terminée, il la déposséda des quinze dinars qui étaient dans son portefeuille et du portable.
Un véritable crime crapuleux commis avec un sang-froid inouï et une lâcheté inexplicable que le démon de midi ne peut pas, à lui seul, justifier.
Arrêté, le coupable avoua son forfait, sans le moindre regret.
Ce qui lui valut une peine exemplaire de 15 ans de prison ferme, infligée en première instance.
Interjetant appel de cette lourde sentence, l'avocat de la défense a sollicité de la cour de prendre en considération l'état pathologique de son client, au moment des faits.
Toutefois, le juge s'est montré intransigeant, confirmant le verdict du tribunal correctionnel.
Hamadi TAZARKI



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