Il leur proposait des chimères

2008-04-07 - Le Temps
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L'accusé, dans cette affaire, jugée dernièrement par le tribunal de première instance de Tunis, s'est improvisé gardien de voitures devant un établissement hospitalier fort fréquenté de la capitale.
Un métier qu'il s'est arrogé pour subvenir aux besoins de sa famille, ayant été longtemps au chômage.
Sa tâche consistait à aider les visiteurs à garer leurs véhicules aux abords de l'hôpital pour en prendre soin ensuite, dans l'espoir de recevoir en contrepartie des oboles qui lui permettaient tant bien que mal de nourrir ses ouailles.
Il s'acquittait, du matin au soir, depuis plusieurs années de cette besogne pénible, au point qu'il est devenu une figure incontournable auprès du corps médical et paramédical affecté à l'hôpital ainsi qu'aux nombreux visiteurs qui s'y rendaient.
Au fil du temps, ses charges familiales s'étant accrues considérablement avec la poursuite des études secondaires de ses enfants, il a vite compris que ce train-train quotidien ne lui rapportait pas suffisamment.
Il lui fallait trouver une autre ressource pour pouvoir faire face aux dépenses de plus en plus expansives, nécessitées par sa nouvelle situation.
Son imagination l'orienta bien sûr vers les parents des malades qui fréquentent l'établissement hospitalier.
Abordant la majorité d'entre eux, il leur proposa ses services, car selon ses dires, il connaît l'ensemble des soignants de l'hôpital.
Il peut par exemple leur permettre d'obtenir des délais plus courts pour faire hospitaliser leurs enfants qui nécessitent des soins plus ou moins urgents et ainsi de suite, comme pour les rendez-vous concernant les consultations internes.
Plusieurs victimes tombèrent dans le panneau, d'autant qu'il se contentait de peu, puisqu'il ne demandait que dix dinars pour chaque service qu'il leur promettait.
C'était de l'escroquerie pure et simple qui lui permettait de boucler ses mois.
Ses promesses non tenues, les plaintes se succédèrent.
Arrêté, il avoua aux enquêteurs qu'il a été acculé à user de la sorte pour pourvoir aux frais nécessités par les besoins de plus en plus nombreux de sa famille.
Plaidant sa cause, son avocat a sollicité de la cour de tenir compte de la situation sociale de son client qui mérite de bénéficier des circonstances atténuantes.
Le tribunal a condamné l'accusé à un an et demi de prison.
Hamadi TAZARKI



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