L'infanticide jugé par la cour d'appel
2008-04-14 - Le TempsLu 494 fois
Tunis-le Temps - Il gardait une profonde amertume, mêlée d'une certaine rancune à l'égard de son épouse qui avait tenu de ne pas procéder à une IVG, étant tombée enceinte bien avant le mariage.
Cet évènement avait d'ailleurs contribué à inciter ce quadragénaire à précipiter les formalités du mariage, afin de légaliser les choses et permettre à la maman un accouchement dans de bonnes conditions , notamment sur le plan moral.
L'époux était toutefois psychologiquement marqué, et pas tout à fait enthousiaste de son rejeton, qui n'était pas tout à fait désiré.
Il cherchait constamment à culpabiliser son épouse, chaque fois que le bébé pleurait.
Il lui faisait sans cesse des remarques désobligeantes.
Le jour du drame, le bébé n'a pas cessé de pleurer, et il prétexta le fait qu'il était fatigué pour se disputer avec son épouse.
Brusquement il le prit dans sa chambre et lui mit un coussin sur la figure en appuyant de plus en plus fort.
C'était dira-t-il devant le juge dans le but de le faire taire.
En effet, le pauvre bébé s'était tu, une bonne fois pour toutes.
Il ne put que reconnaître son méfait, mais affirma, aussi bien à l'enquête préliminaire que devant le tribunal, qu'il n'avait pas l'intention de tuer mais de faire taire le bébé qui était le sien.
Il fut reconnu coupable d'infanticide et écopa en première instance de 8 ans de prison.
Interjetant appel il comparut dernièrement devant la cour et réitéra ses déclarations données au cours de la procédure en première instance.
Il craqua à la barre en éclatant en sanglots, en sollicitant la clémence du juge qui seul a un pouvoir souverain d'appréciation, selon les pièces du dossier ainsi que son intime conviction.