La victime a failli trépasser
2008-04-17 - Le TempsLu 505 fois
Etant le plus souvent munis d'armes blanches, les braqueurs n'hésitent pas à s'en servir à la moindre contrariété et pour le moindre motif, futile soit-il, ou lorsqu'ils font face à une vive réplique de leurs proies.
Les tentatives de vol, généralement doublées de violences graves, entraînent parfois la mort, sinon des infirmités plus ou moins permanentes.
Cela a été le cas lors de cette affaire pour un vieux briscard, fort rompu au maniement du couteau, qui a déjà fait de multiples séjours en prison et dont la dernière victime a failli trépasser, n'eussent été les efforts consentis par l'équipe chirurgicale pour le sauver d'une mort certaine.
Son passe-temps favori étant la dive bouteille, le malfrat ne manque pas de faire la fête presque quotidiennement avec des camarades de son acabit jusqu'à perdre entièrement sa lucidité.
A tel point qu'il est devenu, malgré lui, un alcoolique invétéré.
Selon l'enquête, il s'est attablé avec un acolyte dans un bar renommé de la capitale, et fréquenté en particulier par une clientèle assez fortunée.
Ayant trinqué jusqu'à perdre le nord, ingurgitant moult cannettes de bière, il a aperçu un client sortir une liasse de billets de banque pour s'acquitter de sa consommation.
C'était pour lui l'occasion à ne pas rater.
Il a attendu que l'intéressé quitte le bar pour lui emboîter le pas avant de fondre sur lui dans un endroit sombre et désert, en le menaçant de son arme blanche, s'il ne s'exécute pas rapidement en lui remettant le reste de la liasse qu'il possède.
A ce moment-là, l'agresseur ne s'attendait pas à la réaction de ce paisible citoyen qui continua sa route, en faisant la sourde oreille à sa sollicitation.
Vexé par le comportement de ce dernier qui osa lui tenir tête, le truand le larda de plusieurs coups de couteau, le laissant pratiquement pour mort.
Des âmes charitables secoururent le blessé en le transportant à l'hôpital le plus proche où il fut admis d'urgence dans la salle d'opérations où les chirurgiens parvinrent à le tirer d'affaire.
Fiché comme étant un délinquant dangereux, le coupable ne tarda pas à être cueilli par la brigade criminelle pour avouer son forfait, l'expliquant par l'état d'ébriété dans lequel il se trouvait au moment des faits.
Traduit devant la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, l'accusé a écopé de dix ans de prison ferme.
Hamadi TAZARKI