Un mort dans l'ascenceur

2008-04-18 - Le Temps
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Cette rubrique traite des faits réels dans des affaires anciennes et classées.
Par respect pour les personnes , il n’est guère mention de non , ni de dates précises des faits , et encore moins de lieus précis.
La femme de ménage de l'immeuble fut la première à ouvrir l'ascenceur pour monter aux étages, comme elle le faisait chaque matin.
Horrifiée, elle poussa un cri strident qui ameuta le gardien ainsi que les voisins.
Ceux-ci accoururent pour voir ce qu'il advenait d'elle.
-"C'est le locataire du troisième étage.
Il vient d'emménager, il y à peine trois mois.
Il faut appeler une ambulance ; il respire encore mais sa blessure à l'abdomen est profonde".
La femme de ménage ne pouvait cacher son émotion et sa voix saccadée dénotait une extrême angoisse qu'elle éprouvait à la vue de ce terrible spectacle dont elle fut énormément choquée.
D'ailleurs elle finit par tomber dans les pommes, après l'arrivée des secours, appelés pour transporter le blessé à l'hôpital, qui passa de vie à trépas avant d'y arriver.
La police ainsi que le procureur de la République de dépêchèrent sur les lieux.
Celui-ci ordonna l'ouverture d'une enquête ainsi qu'une autopsie.
Celle-ci révéla que la victime a été blessée par un objet tranchant qui transperça son foie, qui éclata, causant sa mort subite.
Qui était en fait le locataire du troisième ?
"Le Chef" qui tenait dans un appartement à cet étage un bureau d'affaires, était surtout connu dans le secteur de l'import-export, et ses affaires marchaient plutôt pas mal.
Les agents de police ne constatèrent aucun dégât, cependant dans la pièce où il a installé son bureau Louis XVI ainsi qu'un salon faisant le coin, et une bibliothèque avec un coin bar, ils remarquèrent que le coffre était ouvert et vide.
Le mobile apparent de cette agression, était donc le vol.
Mais où "le Chef" a-t-il pu être agressé ? Dans son bureau ou dans l'ascenceur ?
La deuxième éventualité était la plus probable.
En effet il n'y avait que quelques gouttes de sang dans l'appartement, et sur le chemin menant à l'ascenceur, où il y avait par contre une mare de sang.
Il a peut être été menacé dans son bureau et entraîné par la violence jusqu'à l'ascenceur où il a été agressé.
D'autant plus que la police technique n'avait relevé aucune empreinte sur le coffre à part celle de la victime elle même.
Ce qui fut fort intrigant.
Mais revenons à la femme de ménage.
Interrogée par la police, après qu'elle eut repris ses esprits, elle donna deux versions différentes des faits.
Elle déclara la première fois, qu'elle connaissait à peine la victime, et que la veille du drame elle avait conduit jusqu'au bureau du "Chef", une personne qui venait le voir.
"Il m'a demandé à quel étage était la société du "Chef".
Comme le nom de celle-ci était inscrit sur la boîte aux lettres, j'ai su tout de suite de qui il s'agissait et j'ai conduit le monsieur jusqu'à la porte d'entrée".
Toutefois sa deuxième version était quelque peu différente :
"En fait, un mois après avoir emménagé, le ''Chef'' m'a croisée à l'étage et après m'avoir saluée il me fit entrer dans son bureau.
Il n'y avait encore personne.
Il voulait me proposer de faire le ménage chez lui et je lui ai dit que ce sera tous les dimanches à condition de me payer le transport en sus.
Je suis allé chez lui deux fois.
Il ne m'a jamais manqué de respect.
Il habitait seul dans un quartier chic, mais il y avait un énorme désordre chez lui.
Il m'a demandé si je connaissais un bon comptable et je lui ai proposé justement la personne qui vint le voir à son bureau la veille des faits.
En fait, c'était un cousin lointain".
Cette deuxième version prêta à réfléchir aux enquêteurs.
La femme de ménage a-t-elle manigancé, avec le comptable pour voler le ''Chef" ?
Elle fut de ce fait arrêtée pour les besoins de l'enquête ainsi que son cousin.
Celui-ci déclara qu'il était venu voir la victime la veille du drame et avait convenu avec celle-ci de quelques travaux de comptabilité.

Mais cuisiné davantage il révéla que la veille du drame il monta directement au troisième étage et trouva la porte de l'appartement entrouverte.
Il entra et fut surpris de voir que le "Chef" tenait la femme de ménage par les épaules.
Il rebroussa chemin pour les laisser en tête-à-tête et quitta les lieux.
Or la femme de ménage déclara qu'elle quitta les lieux en laissant son cousin avec la victime.
Quelques jours plus tard on découvrit un attaché case, appartenant à la victime, dans la loge où se changeait la femme de ménage.
Mais il était vide.
Etait-ce celui qui contenait l'argent ?
Mais où cet argent a-t-il pu se volatiliser ? D'autant que le banquier du Chef a certifié que celui-ci a retiré deux jours avant le drame la somme de cinquante mille dinars qu'il emporta dans ce même attaché-case.
Le comptable ainsi que la femme de ménage furent impliqués en tant qu'auteurs dans le meurtre du "Chef".
Bien qu'écopant tous les deux de condamnations pénales, on ne put jamais connaître qui profita de l'argent, ni lequel des deux accusés a commis ce meurtre.
Ahmed YOUNES



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