Association altruiste ou de malfaiteurs ?
2008-07-03 - Le TempsLu 617 fois
Sept jeunes hommes avaient comparu hier devant la quatrième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, accusés d'association de malfaiteurs en vue d'inciter au trouble de l'ordre public et à des actes de vandalisme.
Ils étaient poursuivis en vertu de la loi de 2003 pour des actes extrémistes portant atteinte à la paix et la sécurité des citoyens.
Ces jeunes hommes étaient en quelque sorte " recrutés " parmi une certaine catégorie de jeunes facilement malléables et souffrant généralement d'une crise due à des causes socio-familiales.
Ils étaient attirés par le côté altruiste de ceux qui s'organisaient en groupe, en vue de réaliser dans l'apparence des actes de bienfaisance tels que la cotisation à la construction de mosquées ou l'aide de certains jeunes démunis.
Ceux-ci étaient au départ chargés de rassembler les cotisations auprès des particuliers dans les lieux de prière ou les places publiques.
C'était un appât qui apportait ses fruits, puisque ces jeunes mordaient facilement à l'hameçon pour se trouver par la suite dans des problèmes qu'ils n'avaient pas prévus, finissant en général par se trouver dans un engrenage duquel il est souvent difficile d'en sortir.
Etait-ce le cas pour ces jeunes impliqués dans cette affaire ?
La plupart d'entre eux nièrent avoir eu connaissance de la réalité d'une telle organisation, ni d'avoir accompli un quelconque acte attentatoire à l'ordre public ou à la sécurité des citoyens.
L'un des avocats de la défense, plaida l'absence de preuve concernant les accusations dont ses clients ont fait l'objet.
Il fit remarquer que les déclarations de ses clients devant le juge d'instruction ne peuvent que corroborer la présomption d'innocence, et ne constituent en aucun cas une rétractation de leur part, ayant contesté leurs aveux enregistrés au cours de l'enquête préliminaire.
Par ailleurs , ajouta l'avocat, ces jeunes sont quelque peu perdus à cause des problèmes d'échec dont ils souffrent, et cherchent à être pris en main.
Il a présenté un dossier de l'un de ces jeunes comparaissant à la barre, dont le père étant à l'étranger pour le besoin de travailler, était en train, de chercher un moyen efficace afin de récupérer son fils en l'hébergeant avec lui en France et lui chercher du travail.
Mais hélas le jeune homme a été arrêté entre-temps.
L'avocat a sollicité pour toutes ces raisons, l'acquittement du tribunal qui a mis l'affaire en délibéré.
Ahmed YOUNES