Que n'avait-il pas enduré pour le CAPES !
2008-07-16 - Le TempsLu 549 fois
La victime dans l'affaire de ce jour est un maîtrisard de littérature arabe qui se lassait d'être en chômage.
Sa maîtrise datait de plus de huit ans et il a roulé sa bosse un peu partout sans parvenir à se stabiliser dans un emploi.
Ses amis lui avaient soufflé que l'enseignement était son unique salut et qu'il pouvait obtenir le fameux Certificat d'Aptitude au Professorat de l'Enseignement Secondaire grâce à des interventions gracieusement rétribuées.
L'une de ses connaissances lui avait signifié qu'il lui fallait la somme de dix mille dinars pour réussir cette manipulation.
Le jeune homme âgé de 32 ans ne regardait pas aux dépenses.
Il avait peur de ne plus pouvoir accéder à l'enseignement secondaire.
Donc, il a décidé de vendre un lopin de terre qu'il avait hérité de son père et sur lequel il devait construire une maison.
Ainsi, il avait réussi à réunir neuf mille dinars.
Muni de cet argent, il s'était adressé à sa connaissance et lui avait demandé d'intervenir pour lui afin qu'il obtienne ce fameux CAPES.
Le jeune homme voulait, toutefois, avoir des garanties pour que son argent ne parte pas en l'air.
Seulement, son intermédiaire lui affirmait que de telles manipulations se faisaient discrètement, car elles étaient irrégulières.
Sur ce, le jeune homme avançait la somme de cinq mille dinars à son intermédiaire et lui promettait de lui donner le reste suite au résultat final.
A la veille de ce résultat, l'intermédiaire a contacté le candidat, et l'a informé de sa prétendue réussite en lui demandant de lui donner le solde de la somme promise.
Ce dernier a hésité en lui certifiant de le lui donner au moment convenu.
Or il s'était avéré que ce jeune candidat n'avait pas réussi comme l'avait prétendu l'intermédiaire.
Depuis, ce dernier a disparu de la circulation et a changé de ligne téléphonique.
Le jeune homme, aidé par son copain, a retrouvé les traces de l'imposteur et lui a demandé de lui rendre son argent.
Ce dernier lui a répliqué qu'il avait déjà donné l'argent et que le jeune devait attendre la session suivante.
Le candidat malheureux a eu l'intelligence d'enregistrer ces propos.
Il se présenta, dare-dare, à la police pour porter plainte.
L'intermédiaire a été interpellé.
Il a essayé de renier les faits qui lui étaient reprochés.
Mais, il n'a pu que reconnaître son forfait lorsqu'il a entendu l'enregistrement de ses propos.
Il a été écroué et comparaîtra bientôt devant le tribunal.
Mahdi SELLAMI