Un serveur à la main « leste »
2008-07-19 - Le TempsLu 570 fois
La fête du mariage se déroulait paisiblement lorsque les invités ont été surpris par une altercation entre l'un des serveurs engagés pour l'occasion et un cousin de la mariée.
Celui-ci saisit le serveur par le cou en déclarant qu'il s'agissait du voleur qui lui avait arraché son portefeuille alors qu'il payait un marchand de légumes du côté de la Marsa.
Il ne pouvait pas oublier cette tête longiligne et ce regard de félin.
Le jeune homme jurait par tous les saints qu'il était innocent.
Mais, le bonhomme tenait à sa proie et criait inlassablement au voleur.
Les invités se sont attroupés autour du duo.
Quelques uns demandaient au bonhomme de lâcher le jeune serveur.
Or, ce dernier n'était pas disposé à les écouter et il l'a traîné jusqu'à sa voiture pour l'emmener au poste de police.
Les agents de permanence ont pris les dépositions des deux parties.
Le bonhomme qui accusait le serveur de lui avoir arraché son portefeuille une dizaine de jours auparavant et le jeune homme qui niait toute implication dans cette affaire.
Les agents allaient laisser partir le jeune serveur lorsque l'enquête préliminaire auprès du quartier général des renseignements indiquait que ce jeune était recherché dans une autre affaire.
Il a été, donc, arrêté.
L'interrogatoire plus poussé a abouti à plusieurs aveux de vols à l'arraché de la part de ce jeune lascar.
Il a expliqué qu'il " opérait " dans plusieurs quartiers de la capitale.
Ses lieux de prédilection sont les marchés et ses cibles sont personnes âgées.
Il choisissait le moment du paiement pour intervenir.
Le serveur " voleur " ne se rappelait plus de tous les vols qu'il a commis et il n'a pas reconnu avoir arraché le portefeuille de ce monsieur de la Marsa.
Il a expliqué qu'il gardait l'argent et les objets de valeur et il jetait le portefeuille dans les poubelles.
Arrêté, il a été traduit devant le tribunal pour cette affaire ainsi que pour toutes celles où il a été signalé à la police.
Devant le tribunal, il a essayé de nier les faits qui lui étaient reprochés.
Mais, le juge lui a rappelé ses aveux lors de l'interrogatoire de police ainsi que devant le juge d'instruction.
Il a demandé la clémence.
Son avocat lui a requis les circonstances atténuantes étant à son premier
faux- pas et n'ayant jamais eu maille à partir avec la justice.
Le tribunal l'a condamné à deux ans de prison.
Le prévenu a interjeté appel.
Devant la cour, il sollicita encore une fois la clémence des juges.
Son avocat a rappelé l'absence d'antécédents judiciaires et le jeune âge de son client.
Après délibérations, la cour d'appel a ramené la peine à un an de prison.
Mahdi SELLAMI