Il tue son ami pour trois cent dinars

2009-04-13 - Le Temps
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Un jeune ouvrier dans un chantier de construction, a tué son ami de six coups de couteau parce qu'il convoitait les trois cent dinars que celui-ci avait dans sa poche.

Leur amitié remonte à quelques mois, depuis qu'ils s'étaient rencontrés sur un chantier de construction situé à La Marsa.
Aucun des deux n'est originaire de la capitale.
Le premier vingt-trois ans, est issu du nord de Tunisie, alors que son collègue, vingt-sept ans, est originaire de Soliman.

Certes, personne d'entre eux n'avait l'intention de quitter sa ville natale et son foyer parental.
Seulement, le gagne-pain les y a obligés à venir pratiquer ce métier, dans le domaine de la construction.

C'était le chemin le plus facile.
La preuve est que les deux jeunes hommes, qui ont quitté tôt l'école et n'ont pas appris de métier, et n'ont trouvé aucune difficulté à se faire embaucher dans des chantiers de construction.

Lorsqu'ils se sont rencontrés la première fois, ils se sont liés d'amitié comme s'ils se connaissaient depuis des années.

Après le travail, ils passaient ensemble la majorité de leur temps, à s'attabler dans les cafés, à se promener dans la ville, à bavarder et à essayer de draguer les filles.

Cependant, l'accusé ne ratait aucune occasion susceptible de lui rapporter un peu d'argent.
C'est la raison pour laquelle, il a acheté des matériaux de construction à un prix qui lui semblait abordable, et a expliqué à son ami, que la revente allait lui rapporter un bénéfice assez consistant.

Son ami l'a encouragé et lui a expliqué que cette activité l'empêche de recourir à emprunter de l'argent pour envoyer quelques sous à sa famille et payer le loyer, la nourriture et l'habillement de ses enfants.

Il l'a encouragé à être son premier client et acheter cette marchandise.

Le jour des faits, et comme c'était sa première expérience, il a fixé avec lui un rendez-vous au lieu où se trouvent les matériaux en question, une semaine avant la fin du mois de Ramadan, La victime apporta avec lui la somme de trois cent dinars pour rencontrer son ami.
C'était la somme qu'il avait épargnée jusqu'à ce jour et qu'il pensait verser à sa famille quand il lui rendrait visite le jour de l'Aïd Al Fitr.
Mais la victime après avoir examiné les matériaux, a renoncé à les acheter.

Ils ne valent pas le coup, affirma-t-il à son collègue.

L'accusé furieux de rater une telle occasion, ne trouva pas mieux que de sortir de sa poche un couteau et asséner six coups mortels à la victime et prit aussitôt la fuite après avoir subtilisé les trois cent dinars.
Alertés, les agents de la brigade criminelle se sont dépêchés sur les lieux du crime, avant de se rendre à la gare routière.

Leur intuition ne les avait pas trompés.
Ils ont arrêté l'assassin alors qu'il s'apprêtait à prendre le train à destination de sa ville natale.

Arrêté il a été condamné à la peine capitale en première instance, jugement qui a fait l'objet d'un appel, et l'accusé a comparu une seconde fois devant la cour pour homicide volontaire avec préméditation.
Il fit part de ses regrets déclarant qu'il n'avait pas l'intention de tuer son rival.

Son avocat sollicita de la cour l'allègement de la peine prononcée en première instance.
La cour appréciera.

Lamia CHERIF



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