La tentation était forte

2009-04-29 - Le Temps
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La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis vient d'examiner une affaire de malversation financière dans laquelle est impliqué un employé de banque, âgé de 50 ans et ayant passé plus de 25 ans en service.
Le dossier de l'affaire montre que cet employé avait toujours travaillé avec sérieux et dévouement et ne fut jamais, sa carrière durant, l'objet d'incartade ou d'un quelconque reproche.
Ce caissier affecté dans une agence bancaire, connaissait toutes les ficelles du métier et savait manipuler aussi bien les billets de banque qu'il préférait compter à l'ancienne, avec une célérité inégalable, que toutes les machines informatiques, destinées aux différentes opérations bancaires.
Au fil du temps, il était devenu l'objet de confiance du chef d'agence, qu'il pouvait seconder, le cas échéant auprès des clients et leur fournir tous les renseignements utiles.
Ce fut justement ce qui se passa, lorsque le chef d'agence fut appelé à s'absenter pendant quelque temps, pour un stage de formation.
Il chargea donc le caissier de le remplacer dans les opérations courantes en lui donnant les consignes de travail qu'il était tenu d'observer à la lettre.
Toutefois, le caissier profita de la situation pour puiser dans le compte bloqué d'un homme d'affaires, par des manipulations d'écritures.
Il procéda à des virements de ce compte à celui d'une parente qui était, bien entendu, de connivence avec elle.
Il est fort probable que ce coup ait été préparé longtemps à l'avance et que le caissier ait exploité l'absence du chef d'agence pour le réaliser.
La somme totale détournée dépassa le million de dinars.
Ladite somme a rapidement disparu de la circulation et les deux inculpés quittèrent rapidement le territoire.
Une enquête fut ouverte et le caissier fut inculpé ainsi que sa parente.
Transférés devant la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, ils furent condamnés en première instance respectivement à dix ans et six ans d'emprisonnement par défaut
Après avoir réintégré le territoire deux ans plus tard, ils firent opposition audit jugement et comparurent à nouveau devant le tribunal.

Reconnaissant leurs forfaits, ils ne pouvaient que faire part de leurs regrets.
Leur avocat sollicita les circonstances atténuantes, pour ces deux personnes qui furent à un moment donné des modèles de confiance et d'abnégation, mais finirent par céder à la tentation, surtout qu'ils passaient par une crise financière.
Le tribunal mit l'affaire en " délibéré.

M.S.



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