Une idylle qui dégénère ..
2009-05-06 - Le TempsLu 579 fois
S'il est vrai que les jeunes peuvent commettre des gaffes en entreprenant des relations peu orthodoxes selon leurs parents, il n'empêche que les parents ont leur part de responsabilité dans l'encadrement de ces jeunes pour éviter les cassures irréparables.
Car de telles cassures peuvent altérer à jamais l'avenir de leurs progénitures par des décisions hasardeuses comme ce fut le cas pour ces deux jeunes tourtereaux qui se connaissaient depuis leur enfance.
La fille descendait d'une grande famille du Sud alors que le garçon était tunisois.
Ils ont fréquenté le même jardin d'enfants à Tunis pendant leur enfance.
A l'école de base, ils ont pratiquement fait partie des mêmes classes et ils étaient toujours parmi les cinq meilleurs élèves.
Au collège secondaire, le garçon commença à briller de mille feux.
Il a présenté des signes évidents d'excellence qu'il a confirmés en réussissant son baccalauréat avec une excellente moyenne.
Quant à la jeune fille, elle avait un niveau plus commun.
Mais ses parents n'ont pas lésiné sur les moyens pour l'aider à réussir.
Cette différence de potentiel de savoir n'a pas empêché les deux jeunes gens de se retrouver assez tôt en phase de préparation de master.
Entre-temps, les deux jeunes étaient devenus très attachés l'un à l'autre.
Le garçon était toujours chez la jeune fille pour l'assister dans ses études.
Il était devenu pratiquement un membre de la famille de son amie.
Mais cette amitié a cédé la place à des différends dès le jour où un cousin de la jeune fille l'a demandée en mariage.
C'est un courtier dans une bourse en Allemagne et il est aisé.
La fille et ses parents n'ont pas su sur quel pied danser.
Mais, finalement, l'attrait de l'argent a aveuglé les parents qui ont donné leur aval à cette alliance.
La fille a été prise au dépourvu et a été prié par ses parents de réduire sa fréquentation avec son copain d'enfance.
Pourtant, dans son for intérieur, elle ne se voyait pas convoler en noces avec quelqu'un d'autre de lui.
Donc, elle était prise entre deux feux : celui de ses parents et celui de son ami de toujours.
Les parents de la jeune fille avaient la certitude que le garçon et sa famille ne pouvaient pas répondre aux normes matérielles qu'ils espéraient pour leur fille.
Ainsi, et face aux hésitations de leur fille, ils lui ont intimé l'ordre de ne plus recevoir le garçon chez eux et de l'éloigner de son entourage.
Timide comme elle était, elle ne pouvait qu'accepter.
Et, en un laps de temps, le garçon a compris le changement à son égard et il a requis des explications auprès de la famille de sa compagne de toujours.
Les réponses obtenues étaient floues et n'avaient pas dissipé les appréhensions du jeune homme.
Il a alors demandé à son amie de se rencontrer pour mettre les points sur les « i ».
La fille était venue au rendez-vous convenu.
Mais, elle n'était pas descendue de sa voiture.
Le garçon avait alors senti le roussi.
Il a insisté pour que son amie l'accompagne dans une promenade sur le bord de la mer.
Cette dernière s'est abstenue, ayant promis à ses parents de rompre cette liaison.
Furieux ! Le jeune homme a tiré la jeune fille de sa voiture et lui a asséné deux coups d'une rare violence sur la tête avec une barre de fer ramassée sur les lieux.
Les passants n'en croyaient pas leurs yeux.
Comprenant la gravité de son acte, le jeune homme a essayé ensuite de se donner la mort en se jetant devant un camion.
Il a été certes touché par le camion mais il a été rapidement transporté aux urgences et sauvé d'une mort certaine.
Le jeune homme a toutefois été opéré et amputé de ses jambes.
La fille a par contre succombé à ses blessures graves.
Les éléments du dossier ont montré que le jeune homme allait amener sa famille au cours de la semaine où a eu lieu l'incident pour demander la main de son amie.
Il a été pris au dépourvu par cette volte-face et il a perdu la tête.
Le jeune homme a été arrêté.
Lors de l'instruction, les enquêteurs ont constaté des contradictions dans les propos de l'accusé.
Son avocat a précisé qu'il était atteint de troubles psychiatriques et lui a demandé une expertise médicale.
L'instruction de l'affaire suit son cours.
Mahdi SELLAMI