Pris au piège
2009-05-09 - Le TempsLu 580 fois
Pour ceux qui ne connaissent pas ce qu'était Halfaouine, c'est-à-dire les jeunes de la nouvelle génération, ce quartier pittoresque au cœur de Tunis, et situé à deux pas de Bab Souika et du mausolée de Sidi Mehrez, était durant la période coloniale en même temps un lieu de recueillement mais aussi d'animation continue.
Entouré de mosquées et de Kouttab, il était aussi le lieu où il y avait des représentations culturelles multiples, des spectacles d'ombres chinoises et des films en noir et blanc, 16 mm, projetés en plein air sur des draps blancs en guise d'écran.
A cette époque du colonialisme la vente de haschisch était libre, au débit de tabac.
Et pourtant, les jeunes de cette époque, n'étaient pas versés dans ce domaine dont les accros étaient considérés plutôt comme des marginaux.
Qu'est-ce qui fait que de nos jours, certains jeunes trouvent refuge dans les stupéfiants ?
Cela est dû à plusieurs raisons dont notamment le manque d'informations et de sensibilisation par certains parents qui évitent le dialogue avec leurs enfants et se trouvent à un moment donné, dépassés par les évènements.
Dans les institutions socio-éducatives, les responsables n'hésitent pas à sensibiliser les jeunes sur les méfaits de la drogue.
Le centre de Jbel-El-Oust contribue en grande partie à la désintoxication et la réinsertion de ceux parmi les jeunes qui ont plongé dans la drogue, à cause d'une situation sociale, un échec scolaire ou même une déception amoureuse.
Mais ce qu'il faut combattre, par tous les moyens, ce sont ceux qui entraînent ces gosses dans toutes sortes de drogues, y compris des cachets psychotropes et autres produits hallucinogènes afin d'en tirer un profit pécuniaire.
Ceux-là sont d'ailleurs sévèrement punis par la loi et les agents de la brigade des stupéfiants œuvrent par tous les moyens à mettre la main sur ces profiteurs égoïstes et dénué de tout sens de l'humanisme, afin d'endiguer ce fléau, o combien néfaste et dangereux.
Dans le cas d'espèce, les agents de la brigade des stupéfiants ont pris deux jeunes hommes à Halfaouine, en flagrant délit de vente de cachets psychotropes.
L'un d'eux était en possession de 90 cachets.
Les analyses auxquelles ils ont été soumis,ont révélé qu'ils étaient des consommateurs invétérés de stupéfiants.
Inculpés de trafic d'écoulement de produits stupéfiant, ils comparurent d'abord devant le juge d'instruction, où le premier a reconnu qu'il écoulait ces cachets alors que le deuxième déclara qu'il était un simple consommateur.
Devant le tribunal, ils réitérèrent leurs déclarations précédentes.
Le fournisseur s'est avéré être un repris de justice au casier judiciaire bien chargé, avec condamnations pour des faits similaires.
Quant au deuxième accusé, il précisa qu'il avait rencontré son complice pour s'approvisionner chez lui, comme il avait l'habitude de le faire.
L'avocat de la défense ne put que solliciter les circonstances atténuantes pour ses clients.
Le tribunal après en avoir délibéré, condamna le premier accusé à 5 ans de prison étant reconnu coupable de trafic de drogue.
Quant au deuxième accusé, il a été condamné à un an de prison pour consommation, le chef d'inculpation de trafic n'ayant pas été retenu en ce qui le concerne.
Ahmed YOUNES