Soupçons et meurtre

2009-05-10 - Le Temps
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Quelle mouche a piqué l'accusé pour que sa vie soit gâchée ? Il n'a jamais imaginé être au box des accusés d'un tribunal ou d'une Cour d'appel.
Surtout qu'il avait passé une enfance et une adolescence très dures.

Malheureusement, le voilà devant les magistrats de la chambre criminelle près la Cour d'appel de Tunis.

Le président de la cour lui rappelait qu'il était accusé d'homicide volontaire sur la personne de son épouse.

Il n'avait qu'une seule réponse : «Je ne sais pas ce qui m'est arrivé !? ».
Une réponse insatisfaisante pour la Cour qui cherchait la vérité et rien que la vérité afin de rendre un jugement équitable.

En fait, l'accusé a vécu des moments difficiles.
Dès son enfance, il a connu son premier calvaire.
Il a été perturbé par la séparation de ses parents.

Son père leur a tourné définitivement le dos.

Seule la mère déployait tous ses efforts pour gagner de quoi vivre sans tendre la main aux bienfaiteurs.

Et elle a pu arriver à l'inscrire à l'école, à lui acheter des fournitures scolaires et des vêtements pour qu'il soit au moins comme ses camarades.

Elle rêvait qu'il arriverait un jour à décrocher un diplôme et à avoir un emploi lui permettant de vivre dignement et de la sauver de la misère.

Heureusement, les rêves se sont réalisés avec le temps, puisqu'il avait terminé ses études et a été recruté par la suite dans une société.

Effectivement, il est devenu agent de bureau qui gagnait de quoi vivre et même fonder un foyer.

Il s'est marié.
Un mariage qui lui a donné deux jeunes enfants, mais sa situation a commencé à se dégrader.

Au fur et à mesure, son état psychique a commencé à se détériorer au point qu'il ne se supportait plus.
Et la vie du couple est devenue très douloureuse.

Et comme solution, il a recouru à un voyant qui lui informa qu'il est ensorcelé par sa femme.
Et que l'odeur nauséabonde qu'il sentait n'était que la conséquence de l'ensorcellement.

Pour s'en débarrasser, il décida alors de liquider sa femme.

C'est le moment où il a décidé de mettre fin à sa vie de couple.
Vers minuit, alors que l'épouse était dans un profond sommeil, il s'est approché d'elle et l'a étranglé avec l'écharpe qu'elle mettait sur sa tête.

Par la suite, il a téléphoné à son frère pour l'informer qu'il avait tué son épouse.

Le frère de l'accusé a alerté la police qui finit par arrêter le meurtrier.

Un acte criminel qui lui a coûté la perpétuité.
Interjetant appel, il comparut de nouveau devant la cour pour répondre des faits incriminés.

Il fit part de ses regrets, affirmant qu'il ne savait pas comment il avait commis cet acte demandant la clémence de la cour qui appréciera.
Lamia CHERIF



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