Quand le fils indigne « boxe » le géniteur !
2009-11-07 - Le TempsLu 511 fois
A trop gâter son fils, on peut le regretter.
Ce fut le cas de ce sexagénaire, père de quatre enfants, trois filles et un garçon.
Or, si les premières ont choisi de se distinguer et s'illustrer en réussissant une brillante carrière estudiantine puis professionnelle, le garçon, quant à lui, a cherché plutôt de dévier du droit chemin, pour suivre le chemin tortueux de la délinquance.
Et pour terminer, il n'a pas hésité un seul instant à s'en prendre à son propre géniteur.
Mais ce dernier n'est-il pas également à blâmer, ne serait-ce que pour l'avoir (trop) choyé ! A vous d'en juger, après avoir, bien évidemment, pris connaissance de ce drame familial, en suivant l'enchaînement chronologique des faits.
Les faits d'une histoire qui remonte à trente années ou presque, en tout cas, dès le moment où ce père de famille, aujourd'hui sexagénaire, avait décidé de fonder un foyer et de se ranger une fois pour toutes, quittant à jamais les zones de turbulence d'un célibat qui n'a que trop duré et qu'il a traversé en long et en large avec ses bons et ses mauvais souvenirs.
D'ailleurs, il a été choyé par la chance puisqu'il est tombé sur une femme qui n'a fait que le pousser vers l'avant, tout en partageant avec lui les moments difficiles qu'il a vécus au début.
Il le lui a bien rendu, par ailleurs en se montrant patient, lorsqu'elle a mis pratiquement deux ans, sinon un peu plus, avant de tomber enceinte et apporter joie et bonheur dans le jeune foyer.
Certes, elle a accouché d'une fille, mais cela a suffi au bonheur du père.
Il n'a point rechigné comme le font certaines gens, notamment lors d'une première naissance, mais il a été fort déçu, puis carrément frustré par la venue de deux autres filles venant tenir compagnie à leur sœur aînée.
Il n'a pu finalement que se résigner et accepter cette fatalité, c'est le destin qui en a voulu ainsi, en fin de compte.
Ce même destin, d'ailleurs, qui allait exaucer ses rêves après tant d'années de sevrage et d'attente en lui offrant finalement ce garçon tant désiré.
Sa joie était telle, qu'il a fait la fête pendant des semaines, invitant de surcroît proches et amis, afin de partager avec lui cette joie, se montrant dans la foulée généreux avec tout le monde.
Il ne tenait plus en place, l'heureux papa ! Une joie indescriptible, en tout cas, qui a touché surtout le nouveau-né.
Et comment !
Choyé, adulé, idolâtré, le petit a été littéralement gâté par un père qui ne l'a privé de rien, ce fut le chouchou de la famille dont les désirs étaient des ordres à respecter scrupuleusement.
Tous devaient s'y plier et y adhérer sans rechigner, encore moins émettre un avis contraire au sien.
Le garnement y trouvait par ailleurs un certain plaisir, allant jusqu'à jouer parfois de mauvais tours à ses sœurs et à certains de ses proches qui ont beaucoup souffert à cause de lui.
Même lorsqu'il est allé à l'école, le jeune garçon a continué à bénéficier du soutien inconditionnel de son paternel.
A l'école justement où il a échoué lamentablement, poussant le père à consentir des dépenses supplémentaires pour lui permettre de poursuivre ses études et aller jusqu'en septième année, ultime station pour lui.
Depuis, l'adolescent n'a fait que se prélasser et se laisser aller au farniente, d'autant que côté finances il n'a pratiquement jamais eu de soucis, son père ne le lâchant point.
Ses sœurs, qui ont réussi quant à elles sur le double plan estudiantin et professionnel, ne manquaient pas non plus de lui remplir les poches, de temps à autre !
Tout a une fin, cependant, puisque son vieux se montrait depuis quelque temps de plus en plus radin envers lui, l'exhortant plutôt à assurer ses lendemains, autrement dit à se faire une situation stable et, surtout, cesser de fréquenter certains énergumènes.
Des discours qui n'ont jamais plu au jeune homme, les écoutant d'un oreille distrait, tant que le pognon arrive en fin de compte à destination, c'est-à-dire dans ses poches.
Le bonhomme a commencé à voir vraiment rouge le jour où son paternel lui a refusé cette faveur.
Il venait, ce jour-là, de se lever peu avant-midi.
Il était d'ailleurs, encore, sous l'effet de la veillée, la longue veillée précédente, mais il est allé comme à l'accoutumée solliciter de l'argent au père, lequel s'est décidé enfin à réagir vigoureusement, lui opposant un niet catégorique.
Mieux encore, voyant que son rejeton haussait le ton, il n'a pas hésité à le gifler, le sommant de débarrasser le plancher et de se retirer dans ses pénates.
Un geste qu'il a peut-être refusé de tout temps, mais où il y a mis certainement toute sa déception et son dépit.
Un geste, malheureusement, qui a éveillé parallèlement chez le fils les démons d'une agressivité longtemps accumulée au contact des délinquants.
Sa réaction fut en tout cas fulgurante, oubliant en un instant qu'il avait affaire à son propre géniteur.
Le résultat fut, en fait, catastrophique, puisque le malheureux s'est retrouvé à l'issue de cette explication tendue privé de deux dents, résultante logique du coup de poing administré par le fils indigne ! ! !
Ce fils prodigue qui s'est retiré d'ailleurs comme si de rien n'était, allant à la rencontre de ses compères.
Là où il fut cueilli par les auxiliaires de la justice, venus le chercher après que son vieux eut déposé plainte à son encontre.
Reste à savoir à présent, si ce vieux tiendra-t-il jusqu'au bout pour l'envoyer à l'ombre d'une cellule pour un bon bout de temps...
M.
BEN AHMED