Mort d'une fillette de 9 ans, sur la table d'opération
2009-11-16 - Le TempsLu 538 fois
C'est une affaire dont nous avons déjà relaté les péripéties, il y a quelque temps et dont la victime une fillette de 9 ans avait succombé sur la table d'opération, dans un hôpital d'une ville du Cap Bon.
Rappelons que tout avait commencé le jour où la fillette, souffrant d'une blessure profonde, s'était dirigée vers l'hôpital régional, accompagnée de son père.
A l'accueil, on informa ce dernier que sa fille allait être prise en charge par le médecin traitant afin de lui prodiguer les soins nécessaires.
Cela nécessitant tout simplement des points de suture, on lui avait dit que cela ne sera pas très long.
Il attendit alors dans la salle d'attente, pendant que sa fillette était prise en main par l'équipe médicale.
Au début, il était confiant.
Mais l'attente ayant trop duré , il commença à s'inquiéter.
Puis s'impatientant, il s'enquit auprès du personnel de l'hôpital et on lui répondit d'abord que sa fille était entre de bonnes mains et qu'il n'avait pas à s'inquiéter outre mesure.
Il attendit encore, et sa fille était toujours traitée par l'équipe médicale.
Il insista pour connaître les raisons de sa très longue attente.
On lui dit alors que l'équipe médicale a estimé que l'état de la fillette nécessitait une intervention chirurgicale.
Il fut étonné et son inquiétude avait atteint son paroxysme.
Il faisait les cents pas et il était à bout de nerfs.
Quelque temps plus tard on vint lui annoncer, la mauvaise nouvelle : la jeune fille avait succombé à un arrêt cardiaque.
Le père atterré et touché jusqu'au fond de l'âme ne put savoir les vraies raisons de cette mort subite de sa fille venue pour de simples points de suture.
Il ne les saura d'ailleurs jamais, car il y a plusieurs sons de cloche de la part de l'équipe médicale.
Le médecin anesthésiste déclara qu'il lui avait administré la dose adéquate de produit anesthésiant, et en fonction des analyses auxquelles elle avait été soumise avant toute injection ou intervention.
Le chirurgien, tenu de contrôler sa réaction post- opératoire, déclara qu'il ne la quitta pas avant de s'être assuré qu'elle était bien réveillée , et qu'elle respirait et pouvait remuer les jambes , et réagir à tout appel en essayant d'ouvrir les yeux.
Mais c'était au moment où les deux médecins l'avaient quittée pour vaquer à d'autres occupations et s'occuper d'autres malades, qu'elle a fait un arrêt cardiaque.
Ce sont d'ailleurs ces deux médecins qui ont été impliqués, suite à la plainte que déposa le père de la victime.
Inculpés d'homicide involontaire suite à leur négligence, ils furent déclarés coupables en première instance par le tribunal de première instance de Grombalia, qui condamna chacun d'eux, à trois cents dinars d'amende .
Interjetant appel, ainsi que le parquet, ils comparurent dernièrement devant la cour, et réitérèrent leurs déclarations données au cours de l'enquête préliminaire ainsi que devant le tribunal de première instance.
Chacun d'eux essaya en effet de se disculper en déclarant qu'il avait fait son travail, le médecin en affirmant qu'il ne l'avait quitté qu'après s'être assuré que l'opération s'était bien passée et qu'elle était réveillée.
Quant au médecin anesthésiste, il déclara que tout allait pour le mieux, et qu'il recourut au masque à oxygène lorsque l'état de la fillette avait empiré, et après l'avoir quittée auparavant, pour aller s'occuper des autres opérés.
L'avocat des accusés plaida l'absence de preuves de toute négligence ou erreur médicale, ses clients ayant fait correctement leur travail.
En tout état de cause, le dernier mot revient à la cour qui a mis l'affaire en délibéré et en attendant, le mystère reste entier, surtout en ce qui concerne la cause ayant nécessité d'opérer cette fillette, venue pour soigner une blessure bénigne nécessitant de simples points de suture.
D'autant plus que le père qui attendait tranquillement dans la salle d'attente, n'avait ni été mis au courant de la nécessité de cette intervention chirurgicale, ni donner son accord préalable, légalement requis , étant le tuteur légal de sa fille mineure.
Ahmed YOUNES